Préambule

Deux hommes ont probablement jeté, à des périodes différentes de notre histoire, dans des aires géographiques très éloignées, les bases d’une des formes d’agriculture de demain.

Si les humains étaient sages, s’ils n’étaient pas aussi corrompus par la monnaie, aussi avides de pouvoir, cette agriculture prédominerait sur Terre. Dès lors, les mots ‘malnutrition’, ‘famine’, ‘carences’ disparaîtraient de notre vocabulaire.

Comme nous ne verrons par la suite, les freins au développement d’une telle forme d’agriculture relèvent plus de la politique que de l’éthique : en effet ce mode de production agricole et la philosophie qui le sous-tends, représentent un danger pour l’économie de marché, puisqu’il est basé sur le principe d’échanges à court terme, de réciprocité et d’entraide. Alors que les multinationales de l’industrie agro-alimentaire cherchent à réduire les peuples en esclavage, le jardinage naturel libère chaque homme, chaque femme, de toute contrainte mercantile où qu’il ou elle se trouve de par le vaste monde.

Rudolf Steiner

A début du siècle dernier, Rudolph Steiner (né en Croatie en 1861, mort près de Bâle en 1925), connu alors pour être le fondateur de la Société Antroposophique, imagine, à l’occasion d’une série de conférences intitulées : « Cours aux agriculteurs« , ce que peuvent être les différents mécanismes cosmiques qui régissent la nature.
Il invente par la suite un certain nombre de pratiques, qui permettent à l’agriculteur de mettre son domaine en harmonie avec le cosmos, de nourir la terre, et d’éviter aux plantes maladies et parasites inutiles.

Masanobu Fukuoka

Plus proche de nous dans le temps, Masanobu Fukuoka (né le 2 février 1913 et mort le 16 août 2008 ) a vécu au Japon, où il était considéré comme un patrimoine vivant. Il a mis au point une méthode qu’il a présenté dans son livre « La révolution d’un seul brin de paille« . Il prônait, entre autres, le « non-travail du sol », mais sa manière de cultiver est plus une philosophie qu’il faut envisage de manière globale, comprendre la ferme dans son environnement, et la cultiver de façon systémique.
Certains ont imaginé, d’après ces révélations, ce qu’ils appellent la « Permaculture », un façon de cultiver la terre qui est devenue très à la mode, mais qui, bien trop souvent, se réduit à des recettes techniques qui ne sont qu’une infime partie des enseignement de Masanobu Fukuoka, et qui, sans leur fondement spirituel sont totalement dénuées de sens et de réelle efficacité.

En effet, si l’on y regarde de plus près, et si l’on cherche à comprendre le sens réel de ces deux enseignements, ces méthodes d’agriculture ne sont pas uniquement des techniques de travail, mais également de véritables philosophies, imaginées par deux hommes qui avant tout étaient des techniciens érudits.

Certains rétorqueront que c’est en rien étonnant avec Rudolph Steiner qui était un mystique. Masanobu Fukuoka a longtemps été considéré comme un loufoque et un fainéant, avant que, après trente ans, on s’intéresse à sa vison des choses. Mais ces philosophies n’ont rien de théologique. Il s’agit plutôt d’une connaissance tellement fine de la nature, d’une communion si intime avec elle, qu’il devient alors possible de retrouver les automatismes que nous croyions être ceux des hommes sages. Dans leur recherche, le moine, le lama, ont fait un chemin parallèle ; le jardinier en quête de sa vérité découvrira un jour la lumière et une sorte d’extase, à la manière de ces religieux. Non qu’il se soit rapproché d’un quelconque « Dieu » (à supposer qu’il en existe seulement un), mais parce qu’il aura pris conscience de lui-même et de la place qu’il tient dans l’Univers.

Il est donc préférable de parler de philosophie, plutôt que de technique. Les pratiques utilisées ne fonctionneraient pas si l’esprit n’y était pas. En revanche, si l’esprit y est, le besoin de recourir à ces pratiques devient de moins en moins important.

Dans les temps anciens, beaucoup de ces savoirs étaient appliqués, aussi bien dans l’antiquité gréco-romaine que chez les peuples indiens ou sud américains. Les religions et l’Inquisition sont passés par là, on a brulé les sorciers, on a massacré les indigènes, et on a volontairement fait disparaître ces savoir antiques au nom du progrès de l’humanité.
Puis, au cours des siècles, la majeure partie de ces connaissances s’est perdue, car il s’agissait d’influences discrètes et subtiles.

La règle, dans cette façon de cultiver, est de ne pas vouloir domestiquer la nature, mais de composer avec elle. De ne pas chercher à produire (une richesse), mais de vouloir nourrir.
De recherche en tout l’équilibre, en veillant à ne pas intervenir maladroitement sur un système, qu risque de compromettre tout l’ensemble. Il convient, pour chaque geste, de comprendre quelles peuvent en être les conséquences. Il est important, chaque fois que l’on modifie l’état d’un milieu naturel, de réfléchir à ce qui peut en découler par la suite.

L’objectif de cette façon de cultiver la terre n’est pas de produire des légumes dits « biologiques », sans pesticides : il s’agit d’obtenir des aliments sains, équilibrés (non carencés) et riches énergétiquement.

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Principes de l’agriculture naturelle

Les principes de l’agriculture naturelle sont tout sauf des dogmes.

L’ensemble des règles reste suffisamment large pour permettre à chacun-e de les adapter à son cas particulier. Il s’agit plutôt de les considérer comme des bases, qui vont permettre à l’agrobiologiste (quel joli non !) d’apprendre à observer les multiples énergies qui régissent la nature, et donc, à les prendre en compte sur son domaine.

L’essentiel est la notion de globalité, chaque action ayant une interaction avec le reste de l’environnement du domaine – aussi bien physique, géographique que social.

En fait, la plupart des principes de l’agriculture naturelle découlent directement de la notion d’organisme agricole, qui est l’unité de base d’un paysage agricole, comme la cellule est l’unité de base d’un tissu vivant. Cela est contraire aux tendances actuelles, où l’on trouve l’agriculteur, jardinier de la nature, et de l’autre, l’agriculteur producteur intensif. Dans le monde agricole biodynamique, la nécessité d’entretenir un paysage sain, diversifié et sans pollution permet aussi d’obtenir des aliments sains.

Malheureusement, la nature ne se laisse pas facilement contraindre à l’exploit : les rendements records, de même que la « révolution verte » ont souvent laissé un goût de cendre, une fois passée l’euphorie des premières années. Le malaise récurent de ceux qui ne sont plus des cultivateurs, mais des exploitants agricole est là, pour nous le rappeler.

Pourtant, la nature est capable de prodiges, et nous le constatons tous les jours lorsque nous nous donnons la peine de regarder.

Je vois d’ici les commentaires des certaines lectrices et certains lecteurs : « Oui, mais il parle d’agriculture pour les paysans, ceux qui ont des fermes« … détrompez-vous !

Depuis vingt ans, j’ai testé cette façon de produire dans des jardins au quatre coins du monde, et, du bidonville d’une île paradisiaque de l’océan indien aux jardins de village du fin fond de la forêt sibérienne, de la cour d’école de quartier au balcon du quatrième étage d’un immeuble en béton dans une cité de banlieue, chaque fois il a été possible de produire des aliments sains, en adaptant les principes aux conditions rencontrées.

Après avoir jardiné sur plus de quatre hectares, je cultive aujourd’hui sept cent mètres carrés. Sur le fond, rien n’a changé, même si les matériels, les techniques sont légèrement différentes, le principe est toujours le même.

 

Quelques principes, classés par aspects :

Aspects biologiques :

Recyclage dans le sol de toute matière organique produite sur l’exploitation grâce à certaines techniques culturales, et à l’utilisation de tout le fumier, du lisier et des déchets. Transformation de la matière organique par le compostage, à l’aide de préparations à base de plantes médicinales, pour obtenir une fumure vivifiant le sol. Apport éventuel d’éléments minéraux à solubilité lente (principalement par le compostage) : poudres de roches, calcaire…

Productions végétales adaptées au terroir, avec rotations longues et diversifiées (équilibre entre productions fourragères pour l’alimentation du cheptel, engrais verts et production pour la vente.)

Stimulation des processus vivants, dans le sol et les végétaux, par l’emploi de préparations dynamiques (utilisées en quantités infinitésimales).

Respect des processus et les interactions subtiles entre les différents biotopes, les végétaux (cultures associées, …), les animaux et l’environnement au sens le plus large (respect des rythmes solaires et autres rythmes bio-chronologiques pour améliorer la croissance et la qualité des produits).

Protection des végétaux, basée sur l’auto-régulation, la rotation des cultures, le travail du sol et l’emploi de mesures dynamiques, si nécessaire.

Entretien ou aménagement du paysage pour conserver ou recréer la diversité des biotopes : arbres, haies, zones humides, pelouses sèches, lisières, …

Élevage d’animaux de races adaptées à la ferme avec recherche de diversité. (Nombre et espèces d’animaux en fonction de la surface et des conditions de terroir.)

Aspects techniques :

– Recherche de techniques appropriées.

– Mise au point d’outils spécifiques…

Aspect socio-économique :

– Bilan optimal au niveau de l’économie nationale, car utilisation réduite de ressources non-renouvelables et d’énergie extérieure : véritable production primaire. La ferme biodynamique n’utilisant aucun produit chimique de synthèse, et recyclant toute sa matière organique en la compostant, ne pollue pas.

Aspects sociaux:

– Développement de structures de transformation et de distribution basées sur la transparence des relations du producteur au consommateur et sur le maintien de la qualité des produits dans toutes les phases de la production à la vente.

– Recherche visant à relier le citadin à l’agriculture par différentes formes de coopération (participation au financement du capital de l’exploitation, accueil à la ferme, …) l’organisme agricole devenant alors un organisme social, foyer de culture et d’initiative dans le monde rural.

– Recherche de formes de coopération adaptées à l’agriculture biodynamique, à l’intérieur même des entreprise (coopératives ouvrières, relations producteurs – consommateurs…) et entre les organismes agricoles .

Les cendres, pour lutter contre les indésirables

La réalisation et la dynamisation d’une préparation à partir d’une cendre reste un point sur lequel on me pose le plus souvent des questions.

La première réaction reste le scepticisme, mais quand je fais l’analogie, évidente, avec l’homéopathie, qui, de nos jours, est considéré comme une pratique médicale ordinaire, alors mes interlocuteurs commencent à se poser, enfin, des questions, par rapport à leurs croyances, a tout une certain nombre de chose qu’ils pensent être « la vérité », et à d’autres choses qui ne peuvent pas appartenir à cette « vérité » qu’on leur a inculquée.

Toutefois, il convient de réaliser une cendre et la dynamisation de sa préparation selon des règles très précises, que je vais essayer de vous transmettre, pour vous éviter des désillusions dont la conclusion serait, inévitablement « son truc ça ne marche pas« , alors que vous avez simplement oublié quelque chose.

Les cendres sont des préparations qui permettent de régler des problèmes très variés, mais, comme avec un médicament allopathique, on agit sur la conséquence, et non sur la cause qui doit rester notre priorité.
Une cendre permet de résoudre un problème ponctuel, afin de nous laisser le temps, parfois assez long, jusqu’à plusieurs années, de réguler le dysfonctionnement qui se traduit par la présence de quelque chose d’indésirable sur notre domaine.

Les cendres agissent sur les végétaux, permettant de réguler une population d’une plante envahissante et même de la faire disparaître totalement en quelques années. Toutefois, une plante qui envahit, indique un dérèglement, et c’est sur ce dérèglement qu’il convient d’agir en priorité, et dans ce cas, la plante ne sera plus aussi invasive.
Par exemple, nous avons fait disparaître les pissenlits de notre pelouse par ce moyen, alors qu’ils continuent à proliférer dans notre terre très argileuse, à quelques centimètres des endroits traités.
Pour réaliser une cendre avec des végétaux, il faut prendre la plante entière, racines comprises, lorsqu’elle est en graine.

Les cendres agissent avec une redoutable efficacité sur les invertébrés. Sans savoir qu’ils sont tués ou simplement écartés et envoyés chez le voisinage, toujours est-il qu’on ne les revoie plus. Il faut prendre l’animal vivant, et le faire bruler entier, avec sa carapace ou coquille le cas échant.

Les cendres permettent de faire d’excellents répulsifs contre les animaux vertébrés, mais dans ce cas, on ne brulera que leur peau.

Pour illustrer ce propos, et suite à vos nombreuses questions à ce sujet, nous avons choisi de l’illustrer avec une cendre qui vous permettra de lutter contre les limaces et escargots.

La première phase, consiste à piéger les mollusques.
Pour cela, déposer quelques repas de leur menu préféré, à l’abri du soleil, sous des planches, des pots renversés…

Piège à gastéropodes

Piegeage des limaces

Il suffit de passer, tôt chaque matin, où à la tombée de la nuit, pour les y trouver et les capturer.

Capture de limaces grises

Lorsque l’on a capturé assez de limaces et d’escargots, et si possible, de toutes les espèces qui peuplent votre potager, le temps est alors venu du bûcher.
Il faut préparer un petit feu dans un endroit où l’on pourra aisément récolter la centre (nous utilisons le barbecue qui nous a été vendu avec la maison). Je préfère, lorsqu’il s’agit d’animaux, les ensacher dans du papier et jeter cette boule sur le feu, ainsi, il ne risque pas y avoir de fugueur, et la crémation est plus rapide.

Capture d'une population de limaces prêtes à la crémation

Le bûcher

Après avoir recueilli la cendre après la combustion, il faut lui ajouter un peu d’eau de pluie de préférence jusqu’à obtenir un produit de la consistance d’une pâte à crêpes.

La cendre mouillée comme une pâte à crèpes

Ce produit va être dilué dans un récipient qui ne doit pas être métallique. A une part de cette pâte, on ajoute 9 part d’eau, de sorte à diluer à 10 %

Puis on commence le processus de dynamisation : avec une branche d’arbre feuillu, on fait tourner l’eau dans le sens de sorte à créer un tourbillon, jusqu’à voir le fond du récipient. Alors, brusquement, on change de sens. On répète cela une dizaine de fois à peu près… (je peux vous garantir qu’à la fin, c’est plutôt moins que plus, car vous aurez mal au bras).

Dynamisation

Ensuite on laisse reposer.
Une fois que les matières en suspensions se sont déposées, on prend un part de ce liquide, et on le dilue avec 9 autres parts d’eau de pluie de préférence. Nous obtenons donc à nouveau une dilution à 10 % de la première dilution (ou D1).
On dynamise comme précédemment et on laisse reposer. On obtient la seconde dilution ou D2, liquide encore trouble, mais déjà plus clair.

On prend une part de ce liquide, et on recommence pour obtenir la D3.
Ainsi de suite jusqu’à la D7, ou septième dilution. A ce stade là, vous aurez l’impression que vous n’avez plus que de l’eau dans votre seau. De l’eau, avec, quelque part, la mémoire de toutes les espèces de limaces que vous avez capturées.

Dynamisation

La huitième dilution est le produit que vous allez utiliser, soit en arrosant le sol, soit en pulvérisant le produit (s’il s’agit de lutter contre des pucerons ou des chenilles). Donc, vous pouvez diluer autant de fois une part du septième seau que vous en aurez besoin, d’où la nécessité d’avoir un volume important dans ce septième seau.

Il faut savoir que ce produit n’agit qu’avec les espèces que vous aurez brulé. Si vous avez dix espèces de limaces dans votre jardin, et que vous n’en ayez capturé que huit, la population des deux autres espèces ne sera aucunement affectée par le produit. De même, les prédateurs naturels ne souffriront pas du produit, mais risquent partir chercher leur pitance plus loin si vous détruisez tous les indésirables.

Voici une petite vidéo pour tout comprendre de la fabrication d’une cendre :

Autres exemples d’associations de plantes compagnes

Août 2015 014

• La mouche de l’oignon est repoussée par l’odeur des carottes.
• Les carottes sont également utiles à planter entre les rangs de céleri pour lutter contre la teigne du poireau .
• La mouche de la carotte est repoussée par les oignons. Le poireau éloigne, lui aussi, la mouche de la carotte.
• Pour éloigner les mouches des carottes, semez des graines de carotte en les mélangeant à du terreau et du marc de café.
• Le basilic et le persil sont des défenseurs de la tomate, les géraniums protègent les rosiers
• Contre les chenilles plantez du fenouil, de la menthe ou de sauge près des choux le protège des papillons qui les mangent.
• Le myosotis cohabitent parfaitement avec les cultures de framboisiers car son odeur empêche le ver du framboisier de proliférer.
• L’hysope évite aux choux la pontes des mouches blanches.
• Le piéride du chou est un papillon qui fait des dégâts sur vos plantes à sa seconde génération : associez des cultures de céleri et de tomates.
• Les salades sont protégées des limaces quand elles sont plantées à proximité du fenouil. Effet, l’odeur du fenouil dégage une odeur qui fait fuir les limaces.
• Les pucerons noirs des rosiers sont repoussés par la menthe verte ou poivrée. La menthe « Buddleia » attire les abeilles et favorise la pollinisation des plantes.
• Contre les puces de terre ou altises, le plus efficace est l’herbe à chat, la chataire.
• Contre les pucerons, les coccinelles sont de bons prédateurs. Les pucerons sont également repoussés par des plants de sauges officinales ou de capucines.
• Haricots, maïs et courges vont ensemble mais ne vont pas avec pois, oignons, haricots.
• Myosotis / framboisiers : oui contre les vers de framboisier
• Œillets d’inde avec les tomates , les choux, les haricots, les carottes, les pommes de terre et les poireaux contre les mouches blanches
• Ciboulette / rosiers : oui contre l’oïdium et les taches noires
• Romarin, thym / le chou : oui contre pucerons, piéride
• Tomate / chou : oui contre la piéride
• Carottes / tomate : oui
• Carottes, choux / laitues : non

Quelques exemples de compagnonnage :

. L’aneth protège les carottes et concombres. N’hésitez pas à les planter ensemble.
. Le basilic est un fort répulsif des mouches et moustiques. Il s’associe parfaitement avec les tomates, asperges, poivrons, piments, aubergines.
. La bourrache attire les abeilles, fait fuir les limaces, réduit les doryphores, éloigne les vers des tomates. Elle est appréciée des pommes de terre, courgettes, choux, fraisiers, tomates.
. La capucine attire les pucerons (il vous suffira ensuite d’arracher les capucines et de les brûler), éloigne les punaises des courgettes et citrouilles. Elle s’accommode avec les radis, courgettes, choux, tomates.
. Le cerfeuil réduit l’invasion des limaces.
. La lavande éloigne les pucerons.
. Les œillets d’Inde protègeront la plupart de vos plantes (pommes de terre, tomates, asperges, haricots, choux) des insectes nuisibles. A planter en bordure de votre jardin.
. Le thym éloigne les mouches blanches, protège les choux et brocolis.

Août 2015 027

Les associations favorables :

. Artichaut : fève
. Asperge : haricot, persil, tomate
. Aubergine : haricots vert
. Carotte : poireau, oignon, laitue, pois, radis, tomate, haricot nain, ciboulette, coriandre, scorsonère, romarin
. Capucine : rangs de tomates, choux, carottes, pommes de terre, haricots. Utile contre les mouches blanches (aleurodes)
. Céleri branche : poireau, tomate, chou fleur
. Céleri rave : radis, betterave, pois, haricot
. Ciboulette : carotte, concombre
. Courge : maïs, laitue
. Cresson : radis
. Échalote : betterave, fraisier, laitue, tomate
. Épinard : betterave, fraisier, laitue, haricot à rame
. Fraisier : bourrache, épinard, laitue, haricot nain, tomate, thym
. Fève : artichaut, maïs
. Haricot : pomme de terre, carotte, concombre, chou-fleur, fraisier, aubergine, maïs, chou, betterave, céleri, épinard, sarriette
. Laitue : chou-fleur, aneth, carotte, radis, fraisier, concombre, courge, poireau
. Mâche : poireau, oignon blanc
. Maïs : pomme de terre, concombre, courge, pois, fève
. Navet : pois, romarin, menthe
. Panais : oignon
. Persil : asperge, tomate
. Poireau : oignon, tomate, carotte, laitue, céleri, mâche
. Pois : navet, concombre, carotte, radis, maïs, pomme de terre, chou-rave
. Pomme de terre : haricot, maïs, chou, pois, fève, raifort
. Radis : pois, laitue, carotte, cresson, épinard
. Tomate : ail, oignon, carotte, asperge, céleri, poireau, basilic, persil
. Tournesol : concombre

2015 : un nouveau jardin

Tout ce que vous avez lu jusqu’à présent, je l’avais écrit il y a une vingtaine d’année. Ces textes faisaient partie d’un petit livre que j’avais publié quand je m’occupais du Jardin du Mont des Oiseaux, l’exploitation de 4,4 Ha, dans le sud de la Haute-Garonne, où je cultivais plantes vivaces rares et légumes anciens.

Klod tomates 1998

En 1999, j’ai subis une fermeture administrative et des poursuites pour « culture et vente de végétaux illicites. » Il fallait comprendre par cela les centaines de variétés de tomates dont je vendais plants et fruits, ainsi que les autres légumes.

Quand la MSA a demandé la mise en liquidation judiciaire de mon exploitation, ils ont expliqué, très sérieusement, que j’étais subversif. Le tribunal n’a pas suivi cette demande foireuse, et j’ai conservé mes biens au grand dam des gros céréaliers locaux.

J’ai toutefois été obligé, par discrétion, pour fuir ces poursuites, de m’éloigner un peu… comme l’a fait au même moment Dominique Guillet de Terre de Semences (qui est devenu aujourd’hui l’association Kokopelli).

Désormais il y a prescription, et, avec mon épouse, nous avons acheté une maison entourée d’un petit jardin de 700 mètres carrés. Comparé aux 4,4 hectares, vous me direz qu’il s’agit d’un mouchoir de poche, mais je vous assure qu’il y a de quoi faire !

Avant même de signer chez le notaire et d’aménager, j’ai commencé à m’intéresser à ce futur jardin, à me poser les questions par rapport à la nature et la structure du sol, et imaginer à quoi il pourrait ressembler.

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Lors d’une visite, un tour du jardin m’a appris beaucoup de choses quand à la nature du sol. Les plantes en abondance étaient :

  • Pâquerette et pissenlit : signe d’une terre argileuse.
  • Pissenlit, plantain, renoncule, laiteron : autant de racines pivots signe d’une terre mal drainée.
  • Ortie : indiquant une terre riche et humifère

Je prélevais aussi deux échantillons de terre dans deux zones distinctes :

  1. à proximité des quatre grands sapins de Noël, plantés là il y a trente ans par un locataire.
  2. là où j’imaginais le futur potager.

De suite, le test du boudin confirma la présence importante d’argile. La terre humectée formait un petit boudin quand je la roulais dans ma main, et il était possible de le cintrer sans le rompre : plus de 30 % d’argile.

Pour la zone sous les sapins, l’analyse confirma ce que je pressentais : un sol acidifié par les arbres, avec un Ph de 5,5, et, après que la terre en suspension se soit déposée, on pouvait vérifier : 10 % de sables fins, 35 à 40 % d’argile plus une partie en suspension, le reste se répartissant entre des limons et pas mal d’humus, dont une partie en suspension.

Pour le futur potager, de l’argile à 40 % et moins d’humus (surtout celui en suspension, ce qui est logique). Plus rassurant, le Ph, quasiment neutre 6,5 à 7.

Le notaire nous appris que le terrain où était situé le jardin, en contrebas de la maison était inondable. En fait, les eaux de pluies ruissellent sur les routes et dans les champs, pour finir au point bas en limite de notre jardin. Ce phénomène n’est pas récent, puisqu’un grand trou dans le mur permet à ces eaux de passer, mais il est aggravé par l’urbanisation galopante de ce coin, autrefois de campagne, et par le fait que beaucoup de propriétaires ne s’encombrent pas avec la législation, et, après avoir fait goudronner leur devant de porte (car la terre c’est sale), font en sorte que le pente envoie l’eau sur la route et non au fond de leur jardin.

Août 2015 - orage

Puis, après avoir traversé nos jardins (il existe désormais plusieurs maisons dans cet ancien clos où l’on cultivait autrefois la vigne et des guigniers pour une production de vin et d’alcool – la propriété a été morcelée avant d’être vendue en petits lots) l’eau rejoint un pré et forme un nouveau cours du ruisseau à chaque période de pluie abondante (soit un orage, soit des pluies sur plusieurs jours).

Septembre 2015

Avec toutes ces informations, j’étais en mesure de dessiner notre futur jardin…

Je décidais de faire abattre les conifères qui maintenaient le jardin dans l’ombre et le froid, je coupais aussi la presque totalité des haies de lauriers et de conifères, facteurs de courants d’airs et d’ombre.

Enfin, j’envisageai de sérieux travaux de drainage pour éviter que le jardin ne devienne une rizière à chaque période de pluie.

Plan Jardin

Du compagnonnage des plantes

L’expression « cultures associées » est de Gertrud Franck, qui était la responsable du grand potager de la ferme d’Oberlimpurg dans le Bade-Wurtemberg.

Sur l’enseignement que j’ai reçu, selon ces indications, j’ai commencé, dès les années 80, à cultiver des plantes associées entre elles, en rangées bien alignées, côte à côte, et cela avec un certain succès.

Par la suite, j’ai mêlé plus intimement mes associations dans des plantes où deux, rarement trois, variétés de plantes différentes étaient cultivées dans la même planche bien rectangulaire, bordée d’allées d’herbes tondues.

Aujourd’hui, j’ai bousculé les lignes afin de sortir du rang, et les planches de cultures sont déjà un lointain souvenir. De la façon dont je cultive désormais, je ne peux plus guère parler de cultures associées, dans le sens clairement défini par G. Frank, et j’aime plus à définir cette façon de cultiver par du compagnonnage de plantes.

La première fois que j’ai vu un tel jardin, c’était au Japon, chez Masanobu Fukuoka et son fils. Dans la paille poussait une véritable forêt vierge de légumes d’une étonnante variété sur un même espace.

Dans mon cheminement personnel, parvenir à un résultat comparable est devenu, au fil du temps, comme une évidence.

Pour cela, il était donc nécessaire, dans un premier temps, oublier tous les préceptes que l’on m’avait enseigné ces vingt dernières années lors des formations à l’agriculture biologique ou la la biodynamie.

Si l’association des plantes selon leurs affinités permet d’organiser la rotation des cultures, de lutter contre les agents parasites. L’association des cultures potagères permet donc d’optimiser l’occupation de l’espace : c’est l’architecture du potager qui est définie et structurée par les associations de plantes.

Dans mon jardin, l’architecture n’est même plus dictée par des jeux d’associations, car j’ai réduit les partenariats intimes, pour que le compagnonnage des plantes devienne la norme. Le domaine est devenu une grande culture associée ou arbres, arbustes, lianes, herbes et fleurs annuelles ou vivaces, légumes et bulbes poussent ensemble.
Si j’ai délimité l’espace entre le potager et le jardin d’ornement, c’est la même philosophie qui prévaut, et les fruitiers et légumes s’échappent du potager où les fleurs ont une place de choix.

En procédant ainsi, j’ai réduit de moitié la surface des cheminements dans les cultures vivrières.

L’occupation du sol est également optimisée par un échelonnement des cultures sur un même emplacement, avec parfois trois ou quatre plantes qui cohabitent car les ont un rythme différent, des besoins qui ne les mettent pas en concurrence, des périodes de production décalées, et que, bien souvent elles s’apportent des bienfaits les unes aux autres.

Les principales raisons de favoriser le compagnonnage des plantes, tant au potager qu’au jardin d’ornement :

  • Mieux profiter de l’azote puisé dans l’air par les espèces appartenant à la famille des légumineuses (haricot, pois, fève, trèfle,…) et qui est libéré dans le sol au fur et à mesure de la décomposition des racines.
  • Bénéficier de l’effet protecteur (face aux maladies) ou répulsif (face aux ravageurs) de certaines espèces. Dans les cultures associées, on se limitera à ne cultiver ensemble que des espèces qui se stimulent mutuellement ou qui au moins ne se gênent pas, dans le compagnonnage, cette limite disparaît
  • Profiter de l’influence bénéfique que certaines espèces végétales ont sur d’autres, grâce aux substances excrétées par leurs racines, ou aux huiles essentielles qu’elle dispersent dans l’air.
  • Mieux occuper l’espace en associant des espèces à cycle court et des espèces à cycle long.
  • Mieux utiliser le sol qui sera dès lors plus productif.
  • Mieux couvrir le sol de façon à le rendre moins facilement accessible aux herbes indésirables.

Les plantes riches en essences répulsives sont aussi souvent des plantes antiparasitaires. Il s’agit la plupart du temps d’herbes et de fleurs fortement aromatiques, utilisées de toute façon en cuisine ou au jardin. Les aromatiques ont toutes un pouvoir répulsif sur les nuisibles. Entre autre intérêt, leurs racines diffusent des substances repoussantes pour les nématodes (nuisibles notamment aux tomates). Le thym est aussi réputé pour éloigner les limaces. Les seules exceptions, le fenouil et l’absinthe sont à utiliser à l’extérieur de la zone potagère. Car elles ont toutefois une action repoussante sur la piéride du chou.

Profitez de l’odeur fortes des aromatiques à feuillage, ainsi que des Alliacées (ail, échalote, oignon, poireau) pour créer des confusions olfactives qui perturbent les ravageurs : disséminez ces plantes entre les cultures (surtout carotte, chou, tomate).
Par exemple, nous semons à la volée de l’aneth partout dans le jardin. Filiforme, elle ne concurrence aucune autre plante, son parfum puissant déroute les insectes prédateurs qui s’en vont plus loin dans les jardins du voisinage, enfin, ses graines sont indispensables à la production des cornichons molossol pour l’hiver.

L’association de cultures permet aussi de lutter contre certaines pestes. Ainsi, en lutte biologique contre les taupes, certaines plantes s’avèrent efficaces grâce à l’odeur de leurs racines telle l’euphorbe épurge (Euphorbia lathyrus) ou encore la couronne impériale (Fritillaria imperialis) qui a des racines toxiques qui s’étendent jusqu’à deux mètres du bulbe. Planter ces espèces à proximité du potager permettra d’éviter le passage des taupes…

Pour éviter la prolifération des herbes que l’on dit « mauvaises », il est conseillé, dans la mesure du possible, de planter entre les cultures désirées des cultures ayant plus une fonction de couverture du sol et d’engrais vert. Semé assez serré en juin, le sarrasin par exemple, étouffe les mauvaises herbes et, grâce à son enracinement très profond, rend le sol grumeleux. Capable d’absorber le phosphore sous une forme non assimilable par les autres plantes et d’accumuler le calcium, il constitue aussi un excellent engrais vert à retourner dans le sol.

Plantes compagnes