Cultures associées

Certains végétaux ne supportent pas d’être cultivées près les uns des autres.

Par contre l’association de certaines plantes permet d’éloigner les parasites de l’une ou de l’autre, ou des deux (par exemple : la carotte éloigne le vers du poireau, et le poireau repousse la mouche de la carotte).

Les légumineuses ont la particularité de puiser l’azote de l’air et de le retenir captif dans les nodules de leurs racines. Après la récolte, on les remplacera avec succè s par une culture gourmande en matière azotée.

Enfin, certaines plantes ornementales comme les œillets d’Inde, certains cosmos ou le basilic, peuvent prendre place au jardin pour leurs propriétés antiseptiques ou répulsives.

Les aromatiques ont toutes un pouvoir répulsif sur les nuisibles. Entre autre intérêt, leurs racines diffusent des substances repoussantes pour les nématodes (nuisibles notamment aux tomates). Le thym est aussi réputé pour éloigner les limaces. Les seules exceptions, le fenouil et l’absinthe sont à utiliser à l’extérieur de la zone potagère. Car elles ont toutefois une action repoussante sur la piéride du chou.

Les aromatiques ont toutes un effet bénéfique sur les autres plantes. Les aromatiques sont, soit récoltées et séchées (poudre) pour protéger des rats et des limaces ou empêcher les insectes de manger les graines (semis), soit plantées à proximité pour leur influence bénéfique sur fruits et légumes : elles améliorent la vigueur et contribuent à éloigner les insectes ravageurs (dessus et dessous la surface du sol)

Profitez de l’odeur fortes des aromatiques à feuillage, ainsi que des Alliacées (ail, échalote, oignon, poireau) pour créer des confusions olfactives qui perturbent les ravageurs : disséminez ces plantes entre les cultures (surtout carotte, chou, tomate).

Exemples de plantes aromatiques: thym, basilic, sauge, menthe, santoline, mélisse, marjolaine (ou origan), lavande, aneth, santoline, romarin, rue…

Associer des plantes pour en repousser d’autres :

  • haricots, maïs et courges vont ensemble mais ne vont pas avec pois, oignons, haricots.
  • myosotis / framboisiers : oui contre vers de framboisier
  • capucines / rangs de tomates, choux, carottes, pommes de terre, haricots : oui contre mouches blanches (aleurodes)
  • œillets d’inde avec les tomates , les choux, les haricots, les carottes, les pommes de terre et les poireaux contre les mouches blanches
  • ciboulette / rosiers : oui contre l’oïdium et les taches noires
  • romarin, thym / le chou : oui contre pucerons, piéride
  • tomate / chou : oui contre la piéride
  • carottes / tomate : oui
  • carottes, choux / laitues : non

Quelques associations de plantes complémentaires :

  • Asperge Tomate / Persil
  • Aubergine Haricot
  • Betterave Haricot/ Oignon / Chou / Laitue
  • Carotte Laitue / Ciboulette / Radis / Poireau / Oignon / Pois
  • Chou Romarin / Menthe / Sauge / Thym / Capucine / Pomme de terre
  • Concombre Maïs / Tournesol / Pomme de terre / Radis / Haricot / Origan / Pois
  • Courge & Potiron Capucine / Maïs / Pomme de Terre
  • Epinard Fraisier / Radis
  • Fraisier Oignon / Bourrache / Epinard / Laitue
  • Haricot Carotte / Aubergine / Œillet d’Inde et Souci / Betterave / Maïs / Pomme de terre / Concombre
  • Laitue Fraisier / Carotte / Radis
  • Maïs Haricot / Pois / Concombre / Courge & Potiron
  • Melon Origan
  • Oignon Carotte / Fraisier
  • Pêcher Tanaisie
  • Pomme de Terre Chou / Courge & Potiron / Pois / Haricot / Œillet d’Inde et Souci / Concombre
  • Poireau Carotte
  • Poirier Sauge
  • Pois Radis / Carotte / Concombre / Maïs / Pomme de Terre
  • Pommier Ciboulette / Capucine
  • Radis Epinard / Menthe / Concombre / Capucine / Carotte / Laitue / Pois
  • Tomate Persil / Basilic / Asperge / Œillet d’Inde et Souci

Août 2015 015

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L’association de culture

L’alternance et l’association des cultures consiste à faire des cultures associées à leur mutuel bénéfice. Cette technique de cultures associées est aussi appelée « compagnonnage de plantes »

Dans l’agriculture moderne, les associations d’espèces de plantes ont quasiment disparues : notamment les associations de graminées et de légumineuses qui sont très fréquentes dans la nature, notamment dans les systèmes prairiaux. Les associations de culture ont quasiment disparu des agro-systèmes du fait de l’agriculture intensive.

Les principales raisons d’associer les cultures :

  • Mieux profiter de l’azote puisé dans l’air par les espèces appartenant à la famille des légumineuses (haricot, pois, fève, trèfle,…) et qui est libéré dans le sol au fur et à mesure de la décomposition des racines.
  • Bénéficier de l’effet protecteur (face aux maladies) ou répulsif (face aux ravageurs) de certaines espèces. Dans les cultures associées, on veillera à ne cultiver ensemble que des espèces qui se stimulent mutuellement ou qui au moins ne se gênent pas !
  • Profiter de l’influence bénéfique que certaines espèces végétales ont sur d’autres, probablement à cause de substances excrétées par leurs racines.
  • Mieux occuper l’espace en associant des espèces à cycle court et des espèces à cycle long.
  • Mieux utiliser le sol qui sera dès lors plus productif ;
  • Mieux couvrir le sol de façon ce qu’il soit moins facilement envahis par les « mauvaises herbes ».

Il faut associer les plantes en fonction de la forme végétative des espèces (racines profondes et racines superficielles) : cela permet de rationaliser l’espace, les plantes pouvant s’imbriquer les unes aux autres.

Pour bien associer les plantes, quelques principes sont à connaître :

– Les Apiacées (appelées également Ombellifères) se protègent réciproquement.
– Les Légumineuses enrichissent le sol en azote. Les associer à des plantes comme la tomate ou les cucurbitacées, qui ont besoin de cet apport, est conseillé.

Les plantes de forme végétative différente n’ont pas les mêmes besoins en éléments minéraux.

On peut associer les plantes en fonction de la saison et du temps de croissance des végétaux ou en fonction des exigences physiologiques des espèces (croissance lente et croissance rapide, de petite taille aimant l’ombre et grande avide de soleil, protection contre le vent …).

La technique de l’association de plantes permet de minimiser l’utilisation de pesticide. Une bonne idée alors que 90% des pesticides utilisés sont synthétiques et qu’on découvre toujours plus les ravages causés par les pesticides et les herbicides.

Les propositions d’associations ne sont que des constatations empiriques issues de l’expérience qui constate l’affinité ou l' »inimité » des plantes.

Certaines associations sont liées aux lieux et climats et donc moins probantes dans d’autres endroits.

1 – La règle de base est d’éviter de cultiver côte à côte, des membres de la même famille.
Par exemple : oignons et échalotes.

2 – La 2ème règle est de ne pas pratiquer de monocultures intensives qui deviennent des cibles de choix pour les nuisibles.

Les soucis et les œillets d’inde sont les plantes les plus utilisées pour le jardinage associatif.

Les Liliacées et les Légumineuses doivent être séparées car elles ne font pas bon ménage.

Voici quelques associations les plus courantes

BETTE :
RADIS, RAIFORT, CHOUX, CAROTTE, HARICOT NAIN.

BETTERAVE ROUGE :
OIGNON, CHOU-RAVE, AIL, CONCOMBRE, FRAISIER, HARICOT NAIN.

CÉLERI :
TOMATE, HARICOT À RAME, ÉPINARD, POIREAUX, LAITUE, CHOUX, CONCOMBRE, HARICOT NAIN.

CONCOMBRE :
OIGNON, HARICOT À RAME, CÉLERI, BETTERAVE ROUGE, LAITUE, CHOUX, AIL, FENOUIL, HARICOT NAIN.

CAROTTE :
OIGNON, CHICORÉE, TOMATE, SALSIFIS, RADIS, RAIFORT, BETTE, POIREAUX, AIL, PETIT POIS.

CHOUX :
TOMATE, HARICOT À RAME, ÉPINARD, ASPERGE, CÉLERI, SALSIFIS, BETTERAVE ROUGE, BETTE, ÉPINARD, LAITUE, POMME DE TERRE, CONCOMBRE, FRAISIER, PETIT POIS, ENDIVE, HARICOT NAIN.

ENDIVE :
HARICOT À RAME, POIREAUX, CHOUX, FENOUIL.

ÉPINARD :
TOMATE, HARICOT À RAME, CÉLERI, RHUBARBE, RADIS, RAIFORT, CHOUX, POMME DE TERRE, FRAISIER.

FRAISIER :
OIGNON, ÉPINARD, BETTERAVE ROUGE, RADIS, RAIFORT, PERSIL, POIREAUX, LAITUE, CHOUX, AIL, HARICOT NAIN.

FENOUIL :
CHICORÉE, LAITUE, CONCOMBRE, PETIT POIS, ENDIVE.

HARICOT NAIN :
TOMATE, CÉLERI, RHUBARBE, BETTERAVE ROUGE, RADIS, RAIFORT, BETTE, LAITUE, CHOUX, POMME DE TERRE, CONCOMBRE, FRAISIER.

HARICOT À RAME :
CHICORÉE, ÉPINARD, CÉLERI, RADIS, RAIFORT, LAITUE, CHOUX, CONCOMBRE, ENDIVE.

OIGNON :
SALSIFIS, BETTERAVE ROUGE, LAITUE, CAROTTE, CONCOMBRE, FRAISIER.

PERSIL :
TOMATE, RADIS, RAIFORT, FRAISIER.

POMME DE TERRE :
ÉPINARD, CHOU-RAVE, HARICOT NAIN.

LAITUE :
OIGNON, CHICORÉE, TOMATE, HARICOT À RAME, ASPERGE, SALSIFIS, RHUBARBE, RADIS, RAIFORT, MAÏS, POIREAUX, CHOUX, CONCOMBRE, FENOUIL, FRAISIER, POIS, HARICOT NAIN.

POIREAUX :
TOMATE, CÉLERI, SALSIFIS, LAITUE, CHOUX, CAROTTE, FRAISIER, ENDIVE.

RADIS :
TOMATE, HARICOT À RAME, ÉPINARD, PERSIL, BETTE, SALADE, AIL, CHOUX, CAROTTE, FRAISIER, POIS, HARICOT NAIN.

SALSIFIS :
OIGNON, POIREAU, LAITUE, CAROTTE.

TOMATE :
CHICORÉE, ÉPINARD, CÉLERI, RADIS, RAIFORT, LAITUE, CHOUX, PERSIL, MAÏS, POIREAUX, AIL, CAROTTE, HARICOT NAIN.

Août 2015 019

Autres exemples d’associations de plantes compagnes

Août 2015 014

• La mouche de l’oignon est repoussée par l’odeur des carottes.
• Les carottes sont également utiles à planter entre les rangs de céleri pour lutter contre la teigne du poireau .
• La mouche de la carotte est repoussée par les oignons. Le poireau éloigne, lui aussi, la mouche de la carotte.
• Pour éloigner les mouches des carottes, semez des graines de carotte en les mélangeant à du terreau et du marc de café.
• Le basilic et le persil sont des défenseurs de la tomate, les géraniums protègent les rosiers
• Contre les chenilles plantez du fenouil, de la menthe ou de sauge près des choux le protège des papillons qui les mangent.
• Le myosotis cohabitent parfaitement avec les cultures de framboisiers car son odeur empêche le ver du framboisier de proliférer.
• L’hysope évite aux choux la pontes des mouches blanches.
• Le piéride du chou est un papillon qui fait des dégâts sur vos plantes à sa seconde génération : associez des cultures de céleri et de tomates.
• Les salades sont protégées des limaces quand elles sont plantées à proximité du fenouil. Effet, l’odeur du fenouil dégage une odeur qui fait fuir les limaces.
• Les pucerons noirs des rosiers sont repoussés par la menthe verte ou poivrée. La menthe « Buddleia » attire les abeilles et favorise la pollinisation des plantes.
• Contre les puces de terre ou altises, le plus efficace est l’herbe à chat, la chataire.
• Contre les pucerons, les coccinelles sont de bons prédateurs. Les pucerons sont également repoussés par des plants de sauges officinales ou de capucines.
• Haricots, maïs et courges vont ensemble mais ne vont pas avec pois, oignons, haricots.
• Myosotis / framboisiers : oui contre les vers de framboisier
• Œillets d’inde avec les tomates , les choux, les haricots, les carottes, les pommes de terre et les poireaux contre les mouches blanches
• Ciboulette / rosiers : oui contre l’oïdium et les taches noires
• Romarin, thym / le chou : oui contre pucerons, piéride
• Tomate / chou : oui contre la piéride
• Carottes / tomate : oui
• Carottes, choux / laitues : non

Quelques exemples de compagnonnage :

. L’aneth protège les carottes et concombres. N’hésitez pas à les planter ensemble.
. Le basilic est un fort répulsif des mouches et moustiques. Il s’associe parfaitement avec les tomates, asperges, poivrons, piments, aubergines.
. La bourrache attire les abeilles, fait fuir les limaces, réduit les doryphores, éloigne les vers des tomates. Elle est appréciée des pommes de terre, courgettes, choux, fraisiers, tomates.
. La capucine attire les pucerons (il vous suffira ensuite d’arracher les capucines et de les brûler), éloigne les punaises des courgettes et citrouilles. Elle s’accommode avec les radis, courgettes, choux, tomates.
. Le cerfeuil réduit l’invasion des limaces.
. La lavande éloigne les pucerons.
. Les œillets d’Inde protègeront la plupart de vos plantes (pommes de terre, tomates, asperges, haricots, choux) des insectes nuisibles. A planter en bordure de votre jardin.
. Le thym éloigne les mouches blanches, protège les choux et brocolis.

Août 2015 027

Les associations favorables :

. Artichaut : fève
. Asperge : haricot, persil, tomate
. Aubergine : haricots vert
. Carotte : poireau, oignon, laitue, pois, radis, tomate, haricot nain, ciboulette, coriandre, scorsonère, romarin
. Capucine : rangs de tomates, choux, carottes, pommes de terre, haricots. Utile contre les mouches blanches (aleurodes)
. Céleri branche : poireau, tomate, chou fleur
. Céleri rave : radis, betterave, pois, haricot
. Ciboulette : carotte, concombre
. Courge : maïs, laitue
. Cresson : radis
. Échalote : betterave, fraisier, laitue, tomate
. Épinard : betterave, fraisier, laitue, haricot à rame
. Fraisier : bourrache, épinard, laitue, haricot nain, tomate, thym
. Fève : artichaut, maïs
. Haricot : pomme de terre, carotte, concombre, chou-fleur, fraisier, aubergine, maïs, chou, betterave, céleri, épinard, sarriette
. Laitue : chou-fleur, aneth, carotte, radis, fraisier, concombre, courge, poireau
. Mâche : poireau, oignon blanc
. Maïs : pomme de terre, concombre, courge, pois, fève
. Navet : pois, romarin, menthe
. Panais : oignon
. Persil : asperge, tomate
. Poireau : oignon, tomate, carotte, laitue, céleri, mâche
. Pois : navet, concombre, carotte, radis, maïs, pomme de terre, chou-rave
. Pomme de terre : haricot, maïs, chou, pois, fève, raifort
. Radis : pois, laitue, carotte, cresson, épinard
. Tomate : ail, oignon, carotte, asperge, céleri, poireau, basilic, persil
. Tournesol : concombre

Les trois amis – Haricot Maïs Courge

Cette association est relativement bien connue, davantage outre atlantique car elle était traditionnellement utilisée par les ethnies amérindiennes d’Amérique du Nord et d’Amérique Centrale.
Dans cette association le maïs sert de tuteur au haricot à rame ; la courge dispense le jardinier de désherbage, créé un microclimat au niveau du sol permettant de réduire les arrosages ; le haricot fertilise le maïs et la courge. Cet ensemble harmonieux fait en plus économiser de la place au potager.
Depuis des années, j’utilise cette méthode pour ma culture de haricots tarbais, destinés au cassoulet toulousain fait maison.

 Septembre 2015 053

  1. Semez en ligne le maïs doux par poquet de 2 ou 3 graines tous les 30 cm. Espacez les lignes de 80 cm. Vous garderez plus tard la plante la plus vigoureuse de chaque poquet. Pour que le maïs soit plus résistant à la verse, semez le au fond d’un sillon de 5 à 6 centimètres.
  2. Dans le même temps semez des courges (maxima) par exemple le potiron ou potimarron en godets. Évitez les courgettes et autres courges pepo qui ont un effet négatif sur la croissance du maïs.
  3. Une fois que les plants de maïs font quelques centimètres (15 – 20 cm), rabattez le terre de sorte à boucher le sillon, puis semez entre leurs pieds deux ou trois graines de haricot à rame.
  4. Puis plantez vos courges sur la ligne (ou, comme  moi, un peu décalé au centre entre les lignes) tous les 2 mètres.
  5. Éventuellement rajoutez quelques cannes de bambous au cours de la culture si les haricots viennent à dépasser le maïs. On peut également butter l’ensemble d es pieds, maïs et haricots une fois que ces derniers font une vingtaine de centimètres.
  6. A l’automne, une fois que tout est récolter, tout broyer sur place.

Du compagnonnage des plantes

L’expression « cultures associées » est de Gertrud Franck, qui était la responsable du grand potager de la ferme d’Oberlimpurg dans le Bade-Wurtemberg.

Sur l’enseignement que j’ai reçu, selon ces indications, j’ai commencé, dès les années 80, à cultiver des plantes associées entre elles, en rangées bien alignées, côte à côte, et cela avec un certain succès.

Par la suite, j’ai mêlé plus intimement mes associations dans des plantes où deux, rarement trois, variétés de plantes différentes étaient cultivées dans la même planche bien rectangulaire, bordée d’allées d’herbes tondues.

Aujourd’hui, j’ai bousculé les lignes afin de sortir du rang, et les planches de cultures sont déjà un lointain souvenir. De la façon dont je cultive désormais, je ne peux plus guère parler de cultures associées, dans le sens clairement défini par G. Frank, et j’aime plus à définir cette façon de cultiver par du compagnonnage de plantes.

La première fois que j’ai vu un tel jardin, c’était au Japon, chez Masanobu Fukuoka et son fils. Dans la paille poussait une véritable forêt vierge de légumes d’une étonnante variété sur un même espace.

Dans mon cheminement personnel, parvenir à un résultat comparable est devenu, au fil du temps, comme une évidence.

Pour cela, il était donc nécessaire, dans un premier temps, oublier tous les préceptes que l’on m’avait enseigné ces vingt dernières années lors des formations à l’agriculture biologique ou la la biodynamie.

Si l’association des plantes selon leurs affinités permet d’organiser la rotation des cultures, de lutter contre les agents parasites. L’association des cultures potagères permet donc d’optimiser l’occupation de l’espace : c’est l’architecture du potager qui est définie et structurée par les associations de plantes.

Dans mon jardin, l’architecture n’est même plus dictée par des jeux d’associations, car j’ai réduit les partenariats intimes, pour que le compagnonnage des plantes devienne la norme. Le domaine est devenu une grande culture associée ou arbres, arbustes, lianes, herbes et fleurs annuelles ou vivaces, légumes et bulbes poussent ensemble.
Si j’ai délimité l’espace entre le potager et le jardin d’ornement, c’est la même philosophie qui prévaut, et les fruitiers et légumes s’échappent du potager où les fleurs ont une place de choix.

En procédant ainsi, j’ai réduit de moitié la surface des cheminements dans les cultures vivrières.

L’occupation du sol est également optimisée par un échelonnement des cultures sur un même emplacement, avec parfois trois ou quatre plantes qui cohabitent car les ont un rythme différent, des besoins qui ne les mettent pas en concurrence, des périodes de production décalées, et que, bien souvent elles s’apportent des bienfaits les unes aux autres.

Les principales raisons de favoriser le compagnonnage des plantes, tant au potager qu’au jardin d’ornement :

  • Mieux profiter de l’azote puisé dans l’air par les espèces appartenant à la famille des légumineuses (haricot, pois, fève, trèfle,…) et qui est libéré dans le sol au fur et à mesure de la décomposition des racines.
  • Bénéficier de l’effet protecteur (face aux maladies) ou répulsif (face aux ravageurs) de certaines espèces. Dans les cultures associées, on se limitera à ne cultiver ensemble que des espèces qui se stimulent mutuellement ou qui au moins ne se gênent pas, dans le compagnonnage, cette limite disparaît
  • Profiter de l’influence bénéfique que certaines espèces végétales ont sur d’autres, grâce aux substances excrétées par leurs racines, ou aux huiles essentielles qu’elle dispersent dans l’air.
  • Mieux occuper l’espace en associant des espèces à cycle court et des espèces à cycle long.
  • Mieux utiliser le sol qui sera dès lors plus productif.
  • Mieux couvrir le sol de façon à le rendre moins facilement accessible aux herbes indésirables.

Les plantes riches en essences répulsives sont aussi souvent des plantes antiparasitaires. Il s’agit la plupart du temps d’herbes et de fleurs fortement aromatiques, utilisées de toute façon en cuisine ou au jardin. Les aromatiques ont toutes un pouvoir répulsif sur les nuisibles. Entre autre intérêt, leurs racines diffusent des substances repoussantes pour les nématodes (nuisibles notamment aux tomates). Le thym est aussi réputé pour éloigner les limaces. Les seules exceptions, le fenouil et l’absinthe sont à utiliser à l’extérieur de la zone potagère. Car elles ont toutefois une action repoussante sur la piéride du chou.

Profitez de l’odeur fortes des aromatiques à feuillage, ainsi que des Alliacées (ail, échalote, oignon, poireau) pour créer des confusions olfactives qui perturbent les ravageurs : disséminez ces plantes entre les cultures (surtout carotte, chou, tomate).
Par exemple, nous semons à la volée de l’aneth partout dans le jardin. Filiforme, elle ne concurrence aucune autre plante, son parfum puissant déroute les insectes prédateurs qui s’en vont plus loin dans les jardins du voisinage, enfin, ses graines sont indispensables à la production des cornichons molossol pour l’hiver.

L’association de cultures permet aussi de lutter contre certaines pestes. Ainsi, en lutte biologique contre les taupes, certaines plantes s’avèrent efficaces grâce à l’odeur de leurs racines telle l’euphorbe épurge (Euphorbia lathyrus) ou encore la couronne impériale (Fritillaria imperialis) qui a des racines toxiques qui s’étendent jusqu’à deux mètres du bulbe. Planter ces espèces à proximité du potager permettra d’éviter le passage des taupes…

Pour éviter la prolifération des herbes que l’on dit « mauvaises », il est conseillé, dans la mesure du possible, de planter entre les cultures désirées des cultures ayant plus une fonction de couverture du sol et d’engrais vert. Semé assez serré en juin, le sarrasin par exemple, étouffe les mauvaises herbes et, grâce à son enracinement très profond, rend le sol grumeleux. Capable d’absorber le phosphore sous une forme non assimilable par les autres plantes et d’accumuler le calcium, il constitue aussi un excellent engrais vert à retourner dans le sol.

Plantes compagnes

La fève et le puceron

Chaque printemps, une histoire d’amour sans cesse renouvelée se produit sous nos yeux de jardiniers, mais le plus souvent, l’intolérance et l’incompréhension du phénomène, transforment en drame cette belle idylle.

Dans le rôle de Juliette, j’ai nommé la fève, et son Roméo printanier, le puceron noir.

Le puceron noir de la fève (Aphis fabae Scop.)

Ne vous méprenez pas, si chaque fin de printemps le puceron vient sur les pointes de nos fèves, ce n’est pas par le fruit du hasard, mais en réalité, c’est pour notre bien.

Oui, j’ai bien dit, ce puceron nous veut du bien.

En effet, l’invasion des fèves par le puceron noir (Aphis fabae Scop. de son véritable nom) n’est pas fortuit : il vient en raison d’un déséquilibre. Les pluies du printemps, surtout quand elles sont orageuses, sont fortement chargées par l’azote de l’air, et les fortes concentrations d’ozone dû à la pollution exacerbent encore ce phénomène. Attiré par cette forte concentration de nitrates dans les tiges de fèves, le puceron rétablit ainsi un équilibre.

Le jardinier a alors le choix : lutter contre le puceron et manger des fèves qui ne seront ni équilibrées, ni saines pour sa santé, accepter que le puceron lui vienne en aide, et manger de bonnes fèves, équilibrés et peu chargées en nitrates.

Pour limiter l’impact de ces petites bêtes sur la récolte, le mieux est donc de semer les fèves à l’automne, elles donneront plus tôt, avant l’arrivée des pluies de mai, et leur cortège de pucerons divers et variés, dont le puceron noir. Si le puceron arrive quand les fèves, semées au printemps, sont en fleurs, les dégâts et la perte de production seront importants. S’il arrive au moment de la récolte, le jardinier ne se rendra compte de rien.

Ne prétendez pas qu’il fait trop froid chez vous pour semer des fèves en automne, chez nous elles résistent bien au froid et à la neige.

Janvier 2016 : les fèves sous la neige

Il est également possible de semer à la volée de l’aneth, qui éloigne le puceron. Mais je dois avouer que chez nous, l’aneth daigne pousser, alors que, le plus souvent, nous avons déjà terminé la récolte de fèves.

Donc, chez nous, le puceron noir de la fève arrive, alors que nous sommes en pleine récolte, il attire ses prédateurs. Dès que la chaleur arrive, un remue ménage incessant d’insectes se fait tout autour de nos fèves. Des coccinelles diverses et variées (à cinq points, à sept points, des jaunes, des noires…), des larves de syrphe, des larves de chrysope, des perce-oreilles, mais également, une petite guêpe sombre (Aphidius colemani) qui pond ses œufs à l’intérieur des pucerons. La larve de la guêpe se développe en dévorant le puceron de l’intérieur, c’est donc un insecte dit parasitoïde : il entraîne la mort de son hôte. Durant les premiers jours, le puceron, sous l’influence de la larve de la guêpe, consomme un peu plus de sève qu’à la normale. Certains pucerons pourraient même encore se reproduire alors qu’ils sont parasités. Mais rapidement, la larve de l’Aphidius tue le puceron et se tisse un cocon dans ce dernier. Le puceron prend alors une teinte brunâtre, on dit qu’il est momifié !

Il faut dire que lorsqu’une plante est attaquée par des pucerons, elle émet parfois une substance appelée allomone qui attire les parasites des pucerons. Ainsi, si au lieu d’utiliser le produit « rapidé kitutout » vous laissez faire la nature qui tend toujours vers l’équilibre, les invasion néfastes ne deviendront, au fil du temps qu’un lointain souvenir.

La patience n’est-elle pas la plus importante qualité que chaque jardiner se doit d’avoir ?

Mai : les fèves en production