Les cendres, pour lutter contre les indésirables

La réalisation et la dynamisation d’une préparation à partir d’une cendre reste un point sur lequel on me pose le plus souvent des questions.

La première réaction reste le scepticisme, mais quand je fais l’analogie, évidente, avec l’homéopathie, qui, de nos jours, est considéré comme une pratique médicale ordinaire, alors mes interlocuteurs commencent à se poser, enfin, des questions, par rapport à leurs croyances, a tout une certain nombre de chose qu’ils pensent être « la vérité », et à d’autres choses qui ne peuvent pas appartenir à cette « vérité » qu’on leur a inculquée.

Toutefois, il convient de réaliser une cendre et la dynamisation de sa préparation selon des règles très précises, que je vais essayer de vous transmettre, pour vous éviter des désillusions dont la conclusion serait, inévitablement « son truc ça ne marche pas« , alors que vous avez simplement oublié quelque chose.

Les cendres sont des préparations qui permettent de régler des problèmes très variés, mais, comme avec un médicament allopathique, on agit sur la conséquence, et non sur la cause qui doit rester notre priorité.
Une cendre permet de résoudre un problème ponctuel, afin de nous laisser le temps, parfois assez long, jusqu’à plusieurs années, de réguler le dysfonctionnement qui se traduit par la présence de quelque chose d’indésirable sur notre domaine.

Les cendres agissent sur les végétaux, permettant de réguler une population d’une plante envahissante et même de la faire disparaître totalement en quelques années. Toutefois, une plante qui envahit, indique un dérèglement, et c’est sur ce dérèglement qu’il convient d’agir en priorité, et dans ce cas, la plante ne sera plus aussi invasive.
Par exemple, nous avons fait disparaître les pissenlits de notre pelouse par ce moyen, alors qu’ils continuent à proliférer dans notre terre très argileuse, à quelques centimètres des endroits traités.
Pour réaliser une cendre avec des végétaux, il faut prendre la plante entière, racines comprises, lorsqu’elle est en graine.

Les cendres agissent avec une redoutable efficacité sur les invertébrés. Sans savoir qu’ils sont tués ou simplement écartés et envoyés chez le voisinage, toujours est-il qu’on ne les revoie plus. Il faut prendre l’animal vivant, et le faire bruler entier, avec sa carapace ou coquille le cas échant.

Les cendres permettent de faire d’excellents répulsifs contre les animaux vertébrés, mais dans ce cas, on ne brulera que leur peau.

Pour illustrer ce propos, et suite à vos nombreuses questions à ce sujet, nous avons choisi de l’illustrer avec une cendre qui vous permettra de lutter contre les limaces et escargots.

La première phase, consiste à piéger les mollusques.
Pour cela, déposer quelques repas de leur menu préféré, à l’abri du soleil, sous des planches, des pots renversés…

Piège à gastéropodes

Piegeage des limaces

Il suffit de passer, tôt chaque matin, où à la tombée de la nuit, pour les y trouver et les capturer.

Capture de limaces grises

Lorsque l’on a capturé assez de limaces et d’escargots, et si possible, de toutes les espèces qui peuplent votre potager, le temps est alors venu du bûcher.
Il faut préparer un petit feu dans un endroit où l’on pourra aisément récolter la centre (nous utilisons le barbecue qui nous a été vendu avec la maison). Je préfère, lorsqu’il s’agit d’animaux, les ensacher dans du papier et jeter cette boule sur le feu, ainsi, il ne risque pas y avoir de fugueur, et la crémation est plus rapide.

Capture d'une population de limaces prêtes à la crémation

Le bûcher

Après avoir recueilli la cendre après la combustion, il faut lui ajouter un peu d’eau de pluie de préférence jusqu’à obtenir un produit de la consistance d’une pâte à crêpes.

La cendre mouillée comme une pâte à crèpes

Ce produit va être dilué dans un récipient qui ne doit pas être métallique. A une part de cette pâte, on ajoute 9 part d’eau, de sorte à diluer à 10 %

Puis on commence le processus de dynamisation : avec une branche d’arbre feuillu, on fait tourner l’eau dans le sens de sorte à créer un tourbillon, jusqu’à voir le fond du récipient. Alors, brusquement, on change de sens. On répète cela une dizaine de fois à peu près… (je peux vous garantir qu’à la fin, c’est plutôt moins que plus, car vous aurez mal au bras).

Dynamisation

Ensuite on laisse reposer.
Une fois que les matières en suspensions se sont déposées, on prend un part de ce liquide, et on le dilue avec 9 autres parts d’eau de pluie de préférence. Nous obtenons donc à nouveau une dilution à 10 % de la première dilution (ou D1).
On dynamise comme précédemment et on laisse reposer. On obtient la seconde dilution ou D2, liquide encore trouble, mais déjà plus clair.

On prend une part de ce liquide, et on recommence pour obtenir la D3.
Ainsi de suite jusqu’à la D7, ou septième dilution. A ce stade là, vous aurez l’impression que vous n’avez plus que de l’eau dans votre seau. De l’eau, avec, quelque part, la mémoire de toutes les espèces de limaces que vous avez capturées.

Dynamisation

La huitième dilution est le produit que vous allez utiliser, soit en arrosant le sol, soit en pulvérisant le produit (s’il s’agit de lutter contre des pucerons ou des chenilles). Donc, vous pouvez diluer autant de fois une part du septième seau que vous en aurez besoin, d’où la nécessité d’avoir un volume important dans ce septième seau.

Il faut savoir que ce produit n’agit qu’avec les espèces que vous aurez brulé. Si vous avez dix espèces de limaces dans votre jardin, et que vous n’en ayez capturé que huit, la population des deux autres espèces ne sera aucunement affectée par le produit. De même, les prédateurs naturels ne souffriront pas du produit, mais risquent partir chercher leur pitance plus loin si vous détruisez tous les indésirables.

Voici une petite vidéo pour tout comprendre de la fabrication d’une cendre :

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Les préparations : les remèdes naturels du jardinier

Lorsque certains problèmes risquent de devenir vraiment dangereux pour l’équilibre global du domaine, le cultivateur naturel peut recourir à la pharmacopée que lui offre la nature. (Il est toutefois à noter qu’un domaine équilibré demande très peu d’interventions de ce genre.)

C’est probablement là l’intervention la plus spectaculaire (médiatiquement s’entend), car les techniques mises en oeuvre rappellent plus l’alchimie, ou la sorcellerie. Mais l’agro-chimie ne représente-t’-elle pas une forme bien plus insidieuse de sorcellerie – sans parler de la bio-génétique, et des plantes génétiquement modifiées ?

Les infusions sont réalisées à partir de plantes – ce sont en fait des tisanes – que l’on pulvérise là où c’est nécessaire.

Les décoctions – ou purins – résultent du fait d’une macération de plantes dans de l’eau, sous l’action du soleil.
Un purin n’est pas le résultat d’une putréfaction, mais d’une fermentation.
Dès que cette dernière s’arrête (en moyenne au bout d’une dizaine de jours, en fonction des conditions climatiques), le purin doit être filtré à l’aide d’un tamis dont les mailles auront un millimètre au plus. Les purins peuvent être conservés dans des récipients remplis à ras bord, fermés à l’abris de l’air et de la lumière.
Purins et décoctions sont ensuite utilisées de manière comparable aux infusions.

Quant aux cendres, on les élabore en faisant brûler des végétaux, des insectes ou la peau de petits animaux. On transforme ensuite la poudre ainsi obtenue en une bouillie, avec laquelle on effectue une dilution en huit étapes (D8) ; entre chaque étape, on procède à une dynamisation. Dans le produit final, la part du matériau de départ est infinitésimale, à la manière des dilutions homéopathiques. On peut considérer qu’il n’en reste que la mémoire, dans l’eau.

N.B. : Avant utilisation, infusions, purins, et dilutions de cendres seront toujours dynamisés.

La dynamisation des préparation

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Elle a pour but, selon Steiner, de mettre la préparation en harmonie avec le Cosmos. Son principe consiste à agiter le liquide en créant un tourbillon, jusqu’à voir le fond du récipient, puis à changer brusquement de sens. Lors du changement de sens se crée un remous, qui brasse bien le liquide. Il faut recommencer ainsi une vingtaine de fois.

Du point de vue des chimistes, on fait ici un ‘démélange’. On obtient un précipité : les impuretés se déposent au fond, tout en provoquant une oxydation de la préparation. Il en résulte un produit chimiquement modifié, puisque enrichi en oxygène, sans impuretés, et dont la chaîne moléculaire est assemblée différemment.

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Quelques recettes de purins et décoctions

Décoction de prêle

Mettre 1 kilo de prêle des champs dans 10 litres d’eau. Laisser macérer 12 heures dans l’eau froide, puis porter à ébullition 30 minutes. Laisser refroidir 12 heures puis filtrer. Se conserve dix jours dans un contenant plein et bouché.
A utiliser : en pulvérisation contre la cloque du pêcher, à huit jours d’intervalle, dilution à 20 %. Pus généralement à appliquer dès qu’il y a risque de développement de maladies cryptogamiques

Purin de fougère
Même préparation que le purin d’ortie : 1 kilo de fougères fraîches pour 10 litres d’eau. Laisser fermenter, et filtrer quand la macération ne produit plus de bulles. A utiliser contre le puceron lanigère, la cicadelle de la vigne dès l’observation des premiers insectes.

Lutte contre l’oïdium
Traitement sur le melon : trois pulvérisations à quinze jours d’intervalle,à partir du stade de la deuxième feuille, d’un mélange de purin d’ortie à 5 % et de prêle à 10 %.

Lutte contre le phytophtora sur fraisiers
Trois pulvérisations avant floraison, à quinze jours d’intervalle, de purin d’ortie.
Deux pulvérisations à quinze jours d’intervalle, après floraison, d’un mélange d’ortie à 5 % et de prêle à 10 %.

Rouille du haricot
Trois pulvérisations, étalées sur cinq à six semaines, en début de végétation  d’un mélange de 5 % d’ortie et 5 % de prêle.

L’ortie, notre alliée

Propriétés de l’ortie

Composition, principes actifs

Des pigments, chlorophylles A et B, caroténoides.
Des vitamines, B2 (riboflavine), B5 (acide pantothénique), C (acide ascorbique), E (tocophérol), de l’acide folique et de la vitamine K.
Des oligo-éléments : cuivre, fer, souffre, magnésium, zinc, manganèse, nickel.
Des acides organiques et aminés : A. glyclique et clycérique.
Des tanins, de l’histamine, de la chline, de l’acétylcholine, du formate de sodium…
Des composés azotés naturels : sa richesse en protéines végétales est grande, elles représentent de 5 à 9 % (jusqu’à 12 ù d’après certains auteurs) du poids frais de la plante. C’est deux fois plus que le soja !

Propriétés

Propriétés reconnues : la présence simultanée de vitamine B2, B5, d’acide folique, de silice et de zinc permet de lutter contre les ongles cassants, la chute des cheveux et favorise leur repousse. Le traitement de l’acnée est possible grâce à l’effet anti-inflamatoire du zinc qu’elle contient. Elle est dépurative, régénère le sang, (dartres, eczéma, maladies de la peau). C’est un excellent fortifiant général, antianémique et son effet reminéralisant en fait un remède efficace pour l’arthrose ou les rhumatismes.Elle soulage les personnes dont les cartilages sont usés. Elle stimule les fonctions digestives (lourdeurs et crampes d’estomac). Elle permet de lutter contre la fatigue, de régulariser le sommeil et le rendre plus réparateur. Elle améliore l’attention intellectuelle et agit efficacement sur l’anxiété et la déprime.

La macération de 24 heures.

On coupe 1 kg d’orties. Le plante ne doivent pas être en graine. On met ces orties dans un récipient en bois, terre ou émail, et on couvre de 10 litre d’eau.

On laisse reposer le tout 24 heures, et, ensuite on filtre bien. Pulvérisé 3 fois de suite à intervalle de quelque heures, cet extrait aide à lutter contre les attaques de chenilles. On le pulvérise finement sur les plantes attaquées.

La décoction d’ortie

On procède comme ci-dessus, mais on laisse reposer de 2 jours à un dizaine de jours en fonction de la température extérieure. On doit utiliser la décoction avant qu’elle n’ait une odeur d’ammoniaque. Un repère est la formation de bulles en surface, et une bonne odeur d’infusion. On filtre avant d’utiliser, et on dilue à raison d’un litre pour dix litres d’eau.

Cette décoction sert à lutter contre les attaques de pucerons.

Purin d’ortie.

On coupe 1 kg d’ortie que l’on couvre de 10 litres d’eau fraîche comme ci-dessus. On laisse reposer jusqu’à la décomposition des feuilles ; la durée dépends de la température extérieure. On obtiens ce purin en 1 à 4 semaines environ. Il exerce une action très puissante sur la croissance ; il faut donc toujours l’utiliser dilué. On dilue 1 litre de purin dans 9 litres d’eau pour pulvériser, et 1 litre de purin dans 40 litres d’eau pour arroser.

Les arrêts de croissances fréquemment dû à un temps froid amenant souvent une attaque de pucerons peuvent être régulés par l’arrosage ou la pulvérisation de purin d’ortie tôt le matin ou tard le soir. Souvent il est nécessaire d’intervenir trois jours de suite.

L’arrosage des tomates, concombres, épinards et choux, à trois reprise pendant la période de végétation, donne de bons résultat sur la croissance des plantes.

En doublant la dose (0,5 litre pour 10 litres d’eau), on obtient d’excellents résultats sur les pommes de terre et les petites fruits après la récolte.

JE DYNAMISE TOUJOURS LES INFUSIONS ET PURINS APRÈS LE FILTRAGE.

Teneur du purin d’ortie :

Le purin d’ortie est riche en azote, sa teneur en phosphore est relativement faible et sa richesse en fer exceptionnellement élevée. D’après R. Peterson la présence des éléments que l’on retrouve dans le purin d’ortie (en ppm = partie par million) peut s’exprimer ci-dessous :

Azote total 595 Phosphate 20
Azote nitrique 5 Potassium 630
Azote ammoniacal 240 Calcium 730
Azote organique 350 Magnésium 80
Sulfate 50
Fer 2,5