L’art du compostage

La fabrication du compost rencontre de plus en plus d’amateurs ces dernières années, ne dit-on pas que : « le compost est l’or du jardin » ?

Élaborer un compost équilibré, non carencé et qui constitue une véritable nourriture pour le sol est un exercice qui demande une certaine expérience. Les premiers résultats sont toujours décevants, faute d’avoir hérité de l’art et de la manière de procéder.

En fait, contrairement aux idées reçues, il ne suffit pas de mettre « à pourrir » les déchets pour obtenir un bon compost. Un engrais sain, équilibré, non lessivé sera obtenu grâce à une fermentation contrôlée, régulée. Il est composé de tous les résidus biodégradables du domaine, qu’il s’agisse des résidus végétaux, animaux ou humains. On prendra donc soin de mettre au tas de compost tous les déchets végétaux (herbes, fauches, tailles de haies, tailles de bois broyées auparavant), les fumiers de tous les animaux du domaine, et enfin tous les déchets humains, en provenance de la cuisine ou des toilettes à litière.

La règle est simple : tout ce qui est issu du sol doit y retourner.

On propose de nos jours de très nombreux procédés de fabrication du compost. L’un sert à pré-décomposer les déchets, l’autre consiste à ajouter des vers, et il faut en plus acheter des silos à compost onéreux. Quant à moi, je vous propose une méthode simple, qui ne coûtera rien, et qui vous permettra d’obtenir le meilleur humus du monde : le compostage en tas.

Maria Thun considère que l’on doit composter tous les engrais et tous les déchets organiques. En effet, si l’on apporte dans le sol par exemple des substances d’origine animale (soies, déchets de cornes ou d’os) sans les composter, cela engendrera un développement renforcé des parasites et des champignons. De même, épandre les cendres de cheminée sans les composter, revient à déverser un abrasif sur le sol.

Un autre avantage du compost mûr, comparé au fumier frais : 100 quintaux par hectare de compost mûr agissent autant que 400 quintaux de fumier frais.

De nombreux essais ont montré que le processus de compostage permet aux substances organiques d’agir pour une bonne édification du sol et une saine croissance des plantes

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Pour faire un bon compost…

Le compostage en tas.

On prendra soin, tout d’abord, de mélanger au mieux les différents apports. Le tas mesurera au moins deux mètres de large, et plus d’un mètre de haut. Il aura la forme d’une pyramide tronquée. On placera les éléments à composter en couches successives, inclinées de 45 à 30°. Le tas de compost sera recouvert, soit par une toile, soit par des végétaux (courges), soit par de la tonte de gazon, afin d’éviter le lessivage par la pluie. On devra veiller, pendant la phase de montée en température, à ce que celle-ci ne dépasse pas 70° C. Enfin il est nécessaire, pour obtenir un compost homogène de le retourner au moins à deux reprises. Il faut veiller à ce que le compost dégage toujours une bonne odeur de sous bois et de champignons.

S’il dégage une odeur d’ammoniaque, c’est qu’il est mal aéré, et que l’azote se transforme en nitrate. Il convient dans ce cas de retourner rapidement le tas et de lui apporter de la cellulose (paille, foin) pour l’aérer.

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On ajoutera à chaque fois les préparats du compost, ou, au minimum, on pulvérisera du purin d’ortie. Ces préparations sont élaborées à partir d’achillée millefeuille, de camomille, d’ortie, d’écorce de chêne et de pissenlit. Elles doivent être incorporées dans de petits trous creusés dans le compost. On terminera en arrosant le tas avec la dernière préparation à base de valériane. Ces différents apports permettent d’obtenir un compost équilibré, riche en oligo-éléments.

Il est déconseillé d’utiliser certains déchets directement : les déchets de cuisine cuits, les peaux d’agrumes, de bananes, et les déchets ne provenant pas de l’agriculture biologique. Pour ma part, j’ai trouvé comme solution de faire un précompostage en les incorporant aux toilettes à litières. J’ai remarqué, en les vidant, que le processus de décomposition était toujours largement avancé. De plus c’est un milieu extrêmement équilibré en protéines animales et en cellulose, riche en bactéries, protozoaires et champignons. Depuis que j’opère ainsi, la décomposition de ces déchets ne me pose plus aucun problème (excepté pour les peaux d’agrumes et de bananes, trop chargées en pesticides).

Il faut compter entre trois mois et 2 ans avant l’utilisation du compost. Cet engrais naturel ne sera utilisé qu’à complète maturité ; il sera déposé sur le sol, sans être enfoui.