La biomasse du sol

Je vous propose une petite exploration de la pédofaune et de la pédoflore. Prenez votre tuba, votre microscope et suivez-moi.

Un monde prodigieux.

Une sèche énumération des êtres vivants, susceptibles de peupler les sols pourrait laisser supposer qu’il règne là un affreux mélange et que les horizons « biologiquement actifs » sont une autre version de la Tour de Babel. En fait une harmonieuse cohabitation, perpétuellement remise en question règne sous nos pieds. Un réel « plan » préside à la disposition relative des occupants, à la coordination de leurs activités respectives, à leur succession chronologique.

Je vous invite plus à une découverte qu’à un cours magistral de pédologie, alors en route…

Le règne animal :

Protozoaires

protoz3 Ce sont des êtres unicellulaires, primitifs. Ils occupent une position jugée comme intermédiaire entre les animaux et les végétaux. Ils sont parfois mobiles à la faveur de cils, de flagelles ou de pseudopodes, leur taille oscillant entre 5 et 80 µ. Une nouriture et une humidité suffisantes favorisent leur pullulation jusqu’à 15 cm de profondeur. On peut en compter de l’ordre de 10.000 à 100.000 individus par gramme de sol, et parfois jusqu’à 300.000. protoz2
Nématodes
Longtemps considérées comme des Vers, il en existe de nombreuses espèces. Elles sont devenues une préoccupation majeure pour les cultivateurs lorsqu’elles pénètrent dans les organes souterrains des plantes cultivées.
Annélides
Enchytréides et Lombrics, nos fameux ‘vers de terre’, joie des pêcheurs et des poules. Leur population joue un rôle agronomique de première importance : notamment en favorisant l’aération du sol, une juste humidité des températures douces et une fumure copieuse.
Leur poids total dans une bonne prairie, serait du même ordre que celui des bovins que l’on pourrait faire paître dessus – soit entre 1 et 2 tonnes par hectare !
Arthropodes
On trouve, réunis sous ce nom barbare une faune riche et variée : des Acariens (les mites), des Arachnides (les araignées, destructrices de petits insectes), des Myriapodes (les « mille-pattes »), des insectes nombreux et variés. Sous forme d’oeufs, de larves ou d’adultes ces derniers s’y font parfois remarquer, comme c’est de cas des fourmis (fourmilières) ou de certaines guèpes. Dans une prairie de la station de recherche anglaise de Rothamsted, on en a dénombré plus de 6 millions par hectare !
Mollusques, Gastéropodes, Crustacés
Moins populeux que les animaux précédemment évoqués, ils sont inégalement présents. Limaces et Escargots peuvent abonder en sol humides : on a avancé les chiffres impressionnants de 100 à 8.500 au mètre carré !

Le règne végétal :

Bactéries

De croissance rapide, pouvant soutenir un rythme élevé de divisions, elles témoignent en outre d’aptitudes métaboliques très diverses. Ces facultés d’adaptation contrastent avec leur morphologie peu différenciée (bacilles, cocci plus rares, spirilles parfois). bacte1

Leur importance dépends de différents facteurs : la température, l’humidité, la teneur en matière organique, le pH… (un apport d’engrais ammoniacal les raréfie). Sans commune mesure avec les populations animales, les chiffres nous paraissent énormes : 100 millions de bactéries peuvent aisément coexister dans un gramme de terre, elles n’occuperont même pas le millième du volume du sol considéré !

Actinomycètes
Les genres Nocardia, Actynomyces et Streptomyces représentent 70 à 90 % de ce groupe. Leur présence est conditionnée par : la température, le pH, l’humidité et la matière organique. Révélés par la découverte des antibiotiques, ils sont dotés de fortes potentialités biochimiques. On en dénombre entre 100.000 et 100 millions d’individus par gramme de sol. En milieu très alcalin ils peuvent devenir dominants (95 % des germes de l’atoll de Bikini).
Champignons
Ils colonisent les sols sous de multiples formes : hyphes (septées ou non, colorées ou ornementées ou non), rhizomorphes, vésicules (souvent riches en lipides), formes variées (comme les sclérotes) ou fructifications plus ou moins complexes élaboratrices de myriades de spores. On estime leur masse à 1,5 tonnes par hectare.
Algues

algue1 Malgré leur besoin de lumière, les algues sont très présentes dans les premiers centimètres de sol. Pour mettre en évidence les Algues vertes (ou Chlorophycées) il suffit d’exposer à la lumière un peu de sol maintenu frais : sa surface verdit assez vite. Les algues affectionnent particulièrement les sols humides où elles atteignent quelques milliers, voire plus rarement quelques dizaines de millions par gramme de sol.
Cyanophytes
Ces « plantes bleues » (allusion faite à certains de leurs pigments qui leur confèrent souvent des teintes glauques) abondent tout spécialement dans les sols chauds et humides. Les genres Oscillatoria et Nostoe sont les plus fidèles, bien qu’on n’en compte guère plus de 100.000 par gramme de sol.
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