A propos des tomates – partie III – Pratiques culturales

Semis, repiquage, taille, tuteurage, entretien, prophylaxie, on peut lire, entendre tout et son contraire à propos de la culture des tomates.

Dans ma famille, dans le Lot-et-Garonne, on cultivait la variété Marmande, depuis 5 générations. Mes cousins cultivent encore la tomate de plein champ, de façon traditionnelle, mais ils utilisent désormais des variétés à port déterminé, hybride F1. La tomate est récolté quand elle est blanche (au moment où elle va prendre sa couleur rouge), calibrée, emballée, elle est chargée le soir dans des camions pour être vendue au marché de Rungis dès le lendemain matin.

Bref, chez nous, la culture de la tomate est quelque chose que nous maitrisons. J’ai été le premier de la famille à cultiver ce fruit en culture biologique, puis en biodynamie.

Klod tomates 1998

Le semis des tomates se réalise, en février ou mars, au chaud, en lune ascendante, lorsqu’elle passe devant les constellations du Bélier ou, mieux, du Sagittaire.

On peut réaliser ses semis en terrines ou en godets. Si l’on cultive plusieurs variétés, il est préférable d’utiliser des contenants séparés pour chaque variété. En effet, un des moyens utilisé par les tomates pour conquérir de nouveaux espaces, c’est de laisser ses graines flotter pour voyager. C’est pourquoi on peut voir, souvent, des tomates pousser en bordure de rivières, en aval d’aires de pique-nique.

Il faudra aussi se souvenir de cette particularité lors des premiers arrosages : la graine de tomate flotte, et si vous arrosez trop, elle passera par dessus bords.

Pour les collectionneurs qui font beaucoup de variétés, c’est un des points sur lequel vous devez rester très vigilants. Pas question de faire des lignes de tomates côte à côte, les graines flotteront d’une ligne à l’autre sans problème. Quand à certains collectionneurs, qui veulent avoir la plus grosse collection, sans en avoir les moyens, et qui dédient la surface d’un timbre poste dans une clayette pour chaque variété, c’est de l’inconsciente et de la fumisterie. Ces gens n’ont aucune connaissance en biologie végétale et voudraient donner des leçons au monde entier.

Donc, c’est avec un grand soin et beaucoup de prudence que vous aborderez le semis de vos protégées, que vous ayez une ou cent variétés.

Dans la nature la graine de tomate qui flotte, est déposée délicatement par l’eau sur une berge accueillante. Il n’y a aucune foreuse pour creuser un trou énorme et enfouir cette semence : déposez donc simplement vos graines sur un terreau très fin, tassez et arrosez délicatement.
Les semis seront maintenus à une température comprise en 18 et 25 degrés.

Je sème mes graines de tomates une par une. Je fais tomber quelques graines du sachet sur un bout de bristol blanc (ou de couleur unie) et avec le doigt, je dépose une par une mes graines sur le terreau. J’ai choisi de semer désormais dans des plaques de cultures alvéolées : une alvéole, une graine : un plant. Quatre graines pour chaque variété, dont je ne garderai au final que les trois plus beaux plants.

La tomate est une plante de jours long. Le semis se fait en période de jours très courts, il sera donc utile de faire des apports avec des lampes horticoles. Il existe des lampes horticoles LED qui sont désormais plus économes en énergie.

Semis de tomates en plaque alvéolées

Le repiquage se fait en lune ascendante devant la constellation du Lion, période qui vient 16 à 18 jours plus tard.

Il faut donc retirer délicatement le jeune plant lorsqu’il a deux vrais feuilles, et le planter dans un récipient plus grand, pour qu’il continue à grandir.

Il ne faut pas hésiter à enfoncer la plantule jusqu’aux premières feuilles, toute la partie enterrée produira des racines, et la plante entière en sera fortifiée.

On peut faire deux repiquages sur les mêmes plants, entre le semis et la plantation en pleine terre, en utilisant des godets plus grands à chaque fois. Plus on repique la tomate, et plus elle sera vigoureuse.

Pour ma part, je repique en godets de 7, et pour les variétés que je met en place plus tard, en godets de 9 une seconde fois.

Mars 2016 435

La plantation en plein terre se fait une fois que les Saints de Glace son passés, vers le 15 mai, en lune descendante devant la constellation du Lion (en principe, il y a une période de trois ou quatre jours favorables).

On prépare le tuteur et on le plante en premier, puis on fait un trou suffisamment grand, et surtout, profond. On enlève les feuilles du bas de la tomate, que l’on jette au fond du trou, puis on y met une poignée d’ortie broyées, et de feuilles de consoude déchiquetées. On couche la motte au fond du trou, et on enterre la plus grande partie de la tige jusqu’aux premières feuilles. Plus on enterre de tige, plus la tomate développera de racine, plus elle aura de puissance dans sa croissance.

Contrairement aux idées reçues, la tomate aime être plantée toujours au même endroit et retrouver des éléments nutritifs qu’elle y a laissé. Le compostage en tas, sur place, de la culture précédente lui est donc favorable.

En ce qui me concerne, et dans ma logique de « ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier », je procède à la plantation des tomates en deux étapes, au moins.
Une première fois en avril, une seconde fois en mai, lorsque les Saints de Glace sont passés. Pour certaines variétés, cette plantation plus précoce, permet, effectivement de gagner un mois de précocité à la récolte. Pour d’autres variétés, les tomates plantées plus tard, rattrapent les autres, et produisent en même temps. J’ai commencé à observer plus finement ce phénomène afin d’en tirer des conclusions cette année.

On peut aussi dé-saisonner facilement les tomates, en les cultivant sous serre ou sous tunnel. Si la culture n’est pas chauffée, on ne gagne pas grand chose. Si la culture est chauffée, on peut produire toute l’année de la tomates sans goût.

Pour tuteurer mes tomates, sous abris, je les fais grimper le long d’une ficelle, en les enroulant dans le sens des aiguilles d’une montre, car nous sommes dans l’hémisphère nord. Lecteurs de l’hémisphère sud, vous devrez faire le contraire !
J’enterre les ficelle avec la motte des tomates, elles sera prise par les racines. Cela évite d’attacher la ficelle au pied, et souvent de blesser, voir couper la tomate.
En fin de saison je recycle ces ficelles pour un autre usage, et je ne m’en sert jamais deux fois pour des tomates, pour des raisons prophylactiques. C’est également pour des raisons de prophylaxie que je déconseille les tuteurs en bois. Il est préférable d’utiliser des piquets métalliques, plus faciles à désinfecter en fin de saison.

Plantation des tomates sous abris

La taille est un sujet polémique, en effet certains la déconseille catégoriquement, car elle serait une porte ouverte aux infections. Pour avoir voulu suivre ce conseil, une année, nous avons perdu une partie de notre récolte.

Il existe des variétés qui ne se taillent absolument pas.

Les tomates à petit fruits, type tomate groseille, tomate cerise, tomate poire, tomate pèche, n’ont besoin ni de tuteur, ni de taille. On plante, on laisse pousser et on récolte.

Les tomates à port déterminé, ne se taillent pas et ne se tuteurent pas. On plante, on paille abondamment, en poussant la plante va se coucher sur la paille qui protègera les fruit du pourrissement.

Les tomates à très gros fruits ne se tuteurent pas, mais se taillent au dessus de la troisième feuille de sorte à produire trois gourmands. On paille alors abondamment, et sur chaque branche on gardera deux ou trois bouquets. Parfois, il peut être nécessaire de poser les fruits sur un pot, pour éviter le pourrissement, ou l’attaque de limaces par dessous.

Toutes les autres variétés se tuteurent et se taillent. On coupera les gourmands qui naissent à l’aisselle des feuilles pour ne garder qu’une seule tige érigée. On étêtera cette tige unique au dessus du septième bouquet de fleurs, pour favoriser la maturation des dernières tomates de la saison.

Cultures associées :

Dans le potager naturel, où tout est mélangé, la tomate s’associe avec presque tout, sauf les pommes de terres qui leur donne la maladie, ainsi que les courges et concombres.

Sous abris, elle apprécie la présence de basilic, aneth, mâche, persil… ainsi que les soucis et les œillets d’Inde. Les tagètes, en effet, éloignent les nématodes du sol. D’ailleurs, je les composte, en tas, avec les tomates, sur le lieu qui leur est dévolu.

Fumure et fertilisation :

Je prépare ma saison de culture de tomates dès que j’ai terminé d’arracher les derniers plants à l’automne. Je composte en tas, sur place, les pieds de tomates sans fruits, avec les tagètes et d’autres matières, ainsi que du fumier de cheval. A la fin du mois d’avril, les poules qui ont passé l’hiver dans le potager vide on étalé ce compost et on nettoyé l’espace des prédateurs potentiels. Il suffit donc d’aérer cette terre qui est déjà fumée en profondeur avec des éléments nutritifs appréciés par la tomate.

Pour la fertilisation j’apporte, depuis la plantation en mai, jusqu’à la fin du mois de juillet, une fois par semaine, puis une fois tous les 10 jours en juillet, un engrais « maison », composé de 1/3 de purin d’orties, 1/3 de purin de consoude, 1/3 de pipi, le tout dilué à 10 % et distribué avec un arrosoir.

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