2015 : un nouveau jardin

Tout ce que vous avez lu jusqu’à présent, je l’avais écrit il y a une vingtaine d’année. Ces textes faisaient partie d’un petit livre que j’avais publié quand je m’occupais du Jardin du Mont des Oiseaux, l’exploitation de 4,4 Ha, dans le sud de la Haute-Garonne, où je cultivais plantes vivaces rares et légumes anciens.

Klod tomates 1998

En 1999, j’ai subis une fermeture administrative et des poursuites pour « culture et vente de végétaux illicites. » Il fallait comprendre par cela les centaines de variétés de tomates dont je vendais plants et fruits, ainsi que les autres légumes.

Quand la MSA a demandé la mise en liquidation judiciaire de mon exploitation, ils ont expliqué, très sérieusement, que j’étais subversif. Le tribunal n’a pas suivi cette demande foireuse, et j’ai conservé mes biens au grand dam des gros céréaliers locaux.

J’ai toutefois été obligé, par discrétion, pour fuir ces poursuites, de m’éloigner un peu… comme l’a fait au même moment Dominique Guillet de Terre de Semences (qui est devenu aujourd’hui l’association Kokopelli).

Désormais il y a prescription, et, avec mon épouse, nous avons acheté une maison entourée d’un petit jardin de 700 mètres carrés. Comparé aux 4,4 hectares, vous me direz qu’il s’agit d’un mouchoir de poche, mais je vous assure qu’il y a de quoi faire !

Avant même de signer chez le notaire et d’aménager, j’ai commencé à m’intéresser à ce futur jardin, à me poser les questions par rapport à la nature et la structure du sol, et imaginer à quoi il pourrait ressembler.

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Lors d’une visite, un tour du jardin m’a appris beaucoup de choses quand à la nature du sol. Les plantes en abondance étaient :

  • Pâquerette et pissenlit : signe d’une terre argileuse.
  • Pissenlit, plantain, renoncule, laiteron : autant de racines pivots signe d’une terre mal drainée.
  • Ortie : indiquant une terre riche et humifère

Je prélevais aussi deux échantillons de terre dans deux zones distinctes :

  1. à proximité des quatre grands sapins de Noël, plantés là il y a trente ans par un locataire.
  2. là où j’imaginais le futur potager.

De suite, le test du boudin confirma la présence importante d’argile. La terre humectée formait un petit boudin quand je la roulais dans ma main, et il était possible de le cintrer sans le rompre : plus de 30 % d’argile.

Pour la zone sous les sapins, l’analyse confirma ce que je pressentais : un sol acidifié par les arbres, avec un Ph de 5,5, et, après que la terre en suspension se soit déposée, on pouvait vérifier : 10 % de sables fins, 35 à 40 % d’argile plus une partie en suspension, le reste se répartissant entre des limons et pas mal d’humus, dont une partie en suspension.

Pour le futur potager, de l’argile à 40 % et moins d’humus (surtout celui en suspension, ce qui est logique). Plus rassurant, le Ph, quasiment neutre 6,5 à 7.

Le notaire nous appris que le terrain où était situé le jardin, en contrebas de la maison était inondable. En fait, les eaux de pluies ruissellent sur les routes et dans les champs, pour finir au point bas en limite de notre jardin. Ce phénomène n’est pas récent, puisqu’un grand trou dans le mur permet à ces eaux de passer, mais il est aggravé par l’urbanisation galopante de ce coin, autrefois de campagne, et par le fait que beaucoup de propriétaires ne s’encombrent pas avec la législation, et, après avoir fait goudronner leur devant de porte (car la terre c’est sale), font en sorte que le pente envoie l’eau sur la route et non au fond de leur jardin.

Août 2015 - orage

Puis, après avoir traversé nos jardins (il existe désormais plusieurs maisons dans cet ancien clos où l’on cultivait autrefois la vigne et des guigniers pour une production de vin et d’alcool – la propriété a été morcelée avant d’être vendue en petits lots) l’eau rejoint un pré et forme un nouveau cours du ruisseau à chaque période de pluie abondante (soit un orage, soit des pluies sur plusieurs jours).

Septembre 2015

Avec toutes ces informations, j’étais en mesure de dessiner notre futur jardin…

Je décidais de faire abattre les conifères qui maintenaient le jardin dans l’ombre et le froid, je coupais aussi la presque totalité des haies de lauriers et de conifères, facteurs de courants d’airs et d’ombre.

Enfin, j’envisageai de sérieux travaux de drainage pour éviter que le jardin ne devienne une rizière à chaque période de pluie.

Plan Jardin

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