Sortir du rang, bouger les lignes et laisser tomber les planches

Pendant des siècles, nous avons été éduqués ainsi : dans le potager aux allées rectilignes, les légumes doivent être rangés en lignes parallèles, tracées au cordeau pour être bien droites, ou en planches de dimensions bien définies.

C’est un peu comme la poule au pot le dimanche et le poisson le vendredi…

Et pourtant, qui peux démontrer que, dans la nature, un tel ordonnancement existe ?

Et pourtant, cette manière de procéder, inscrite désormais dans les gênes des jardiniers, apporte plus de contraintes et de contrariétés que d’avantages.

Tout d’abord, au niveau des pratiques culturales, elle impose des rotations de cultures, pas toujours aisées dans une petite surface.
Cette façon de faire laisse une grande place aux allées qui ne sont pas productives.
Cet ordonnancement augmente l’appauvrissement du sol, car toutes les plantes cultivées sur un rang ont les mêmes besoins en même temps.
Une belle ligne de plantes de la même espèce est une proie facile pour tous les prédateurs : animaux, bactéries, champignons et maladies ont ainsi plus vite anéantis vos espoirs de récolte.

Le jardinier soucieux du devenir de son domaine cherchera plus à s’inspirer de la nature que de reproduire les dogmes d’une société policée par des siècles d’asservissement.

Il faudra réapprendre à ne pas tracer d’allée rectiligne au centre du potager, délimitant quatre parcelles égales.

Il faudra se forcer à ne plus tirer de sillon droit avant un semis… quand aux planches bien rectilignes, on préfèrera les remplacer par des biotopes plus diffus de plantes semées ensembles pour leur harmonie.

Le potager en mai 2016

En réalité, on pensera le potager de la même manière que l’on organise un massif de fleurs mélangées où bulbes, arbustes, vivaces ou annuelles cohabitent et se succèdent sur un même espace.

Ne pas planter deux plantes de la même espèce côte à côte, laisser les semis spontanés s’installer là où ils se sentent bien, vont rendre la vie plus difficile aux prédateurs de toutes sortes. Si en plus, sur leur chemin, ils rencontrent quelque chose qu’ils détestent, ils préfèreront alors abandonner votre domaine pour la potager bien ordonnancé du voisin où la vie leur sera bien plus facile.

C’est ce que mes visiteurs appellent ma « pagaille organisée » bien qu’à mon avis il reste beaucoup de lignes dans mon domaine, mais il semble que j’ai réussi à ce qu’elles soient moins remarquées, y compris par les prédateurs.

Certains lecteurs me demandent comment faire, car la ligne droite au potager est tellement inscrite dans leurs gènes, qu’ils ne savent pas où commencer.
Peut-être le premier pas vers un potager de ce type, est de ne pas tracer des allées rectilignes, mais de suivre les passages que l’on emprunte naturellement…

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