Culture du poireau

Poireaux givrés en décembre 2015

Le poireau est un légume des climats tempérés très résistant au froid. Il peut, sauf hiver exceptionnellement rigoureux, passer tout l’hiver en terre…

Personne ne sait d’où vient le poireau. Seule certitude : il était déjà connu des grecs et des romains dans l’Antiquité.

Le poireau, Allium porum, est un légume bien courant des potagers, particulièrement en hiver ! Sa tige est réduite à un simple plateau portant racines et feuilles. Ses feuilles sont engainantes, enterrées blanches, vertes au sommet en éventail. Elles représentent la partie consommée.

Le poireau est un bon légume d’hiver, source de vitamines A, B, C et PP, riche en fibres et diurétique.

La préparation et l’enrichissement du sol, l’éclaircissage, la plantation, l’entretiens et la récolte doivent être effectués en lune descendante, lorsque celle-ci est devant la constellation de la Vierge.

Le semis doit être effectué en lune ascendante, lorsque celle-ci passe devant les constellation du Capricorne et du Taureau.

Pour le semis, il faut distinguer les poireaux à semer sous abris, ou poireaux baguettes (Bleu de Solaise, de Liège…), culture que je n’ai jamais pratiquée et dont je ne peux vous parler, des poireaux d’automne (moyennement résistants aux gelées : de Gennevilliers, Monstrueux de Carentan, Monstrueux d’Elbeuf…) et d’hiver (très résistants au gel : Géant d’hiver, Bleu de Solaise, Long de Mézières, Bleu de Liège, de Saint-Victor…).

Je ne parlerai donc ici que de ce que je pratique, la cultures des poireaux à récolter et consommer de l’automne au printemps.

Des semis échelonnés (en tenant compte des caractéristiques des variétés) permettent d’avoir du poireau frais toute l’année. Il est possible de semer en pleine terre, ou sous châssis, mais la culture, longue,de cette plante, demande alors beaucoup de place.

Je préfère semer en terrines, par petites quantités, un peu chaque mois à partir de la fin février, jusqu’à la fin du mois de mai.

Semis de poireaux en terrines

Lorsque les graines ont germées et que les jeunes plantules ont atteint 2 à 3 millimètres de diamètre (à peu près 40 jours après le semis), je les repique une première fois en pépinière dans un endroit où le sol a été au préalable, spécialement préparé à cet effet, avec apport de terreau, de tourbe bonde, et un travail du sol très minutieux sur quelques centimètres de profondeur. Pour cela, j’utilise la griffe et l’émietteur.

Pour un travail en finesse du sol : la griffe et l'émietteur

Les jeunes plants sont alors repiqués en lignes espacées de quelques centimètres, à 2 ou 3 centimètres d’intervalle, je fais une ligne par variété, quelque soit le nombre de graines qui ont germées.

Pépinière de poireaux en avril

On les  transplantera à leur place définitive, lorsque les jeunes plants de poireaux auront atteint la taille d’un crayon, deux à trois mois plus tard à peu près, selon les conditions spécifiques à votre domaine.

Poireaux prêts à être transplantés

La culture, à partir de ce moment, va être longue. Les poireaux consommés au printemps suivant, passeront parfois dix mois à cet endroit. La préparation de leur mise en place, requiert donc, réflexion et préparation.

On devra en effet réfléchir de l’endroit le mieux adapté, en fonction du sol, de l’exposition au soleil, mais aussi de l’implantation du potager dans un an, et la présence de poules, ou non, en hiver.

Sauf si l’on a mis en place une couverture permanente du sol le poireau apprécie un sol suffisamment travaillé en profondeur (20 à 30 cm sont toutefois suffisants). Le préalable est donc d’ameublir le sol par un travail vertical, à la grelinette ou à la fourche bêche. On apportera de l’humus en quantité (je met un seau à vendange par mètre carré de compost décomposé et mûr).

Voici comment je procède :

Quand ils ont diamètre d’un crayon, j’arrache les plants. Je reconnais que c’est parfois un peu compliqué de trier les plants dans la pépinière, car les plus petits attendront le mois suivant à la même place. Dans un premier temps, les poireaux repiqués sont destinés à la consommation, donc je ne m’intéresse pas du tout aux variétés, je mélange tout.

Poireau bon à transplanter

Maintenant, il vous faut habiller les plants, c’est à dire raccourcir aux ciseaux les feuilles d’un côté, et les racines de l’autre.

A quoi sert l’habillage ?

  • Réduire les racines va provoquer la naissance de nombreuses autres radicelles qui vont aider le plant à s’enraciner.
  • Diminuer la longueur des feuilles a pour effet que le plant va évaporer moins d’eau, donc le plant ne risquera pas de se dessécher.
  • Un plant plus court est plus facile à manipuler et à positionner correctement dans son trou de plantation.

Comment procéder ? C’est très simple : prenez une dizaine de plants dans la main, alignez-les pour que tous les bulbes (la partie renflée juste avant les racines) soient au même niveau. Puis coupez les racines à 2 cm et coupez de l’autre côté environ la moitié du feuillage vert. Après cela, vous obtiendrez une série de plants qui font tous la même taille.

Poireaux habillés

Je laisse sécher les plants pendant environ 48h à mi-ombre, à même le sol, ce qui permet de les renforcer contre les attaques du ver du poireau ou encore de la mineuse (un ravageur causant bien des dégâts depuis quelques années).

Poireaux mis à sécher

Avant la plantation, je mets les plants à tremper quelques instants dans un pralin (mélange de fiente de poules, de compost et d’argile). Cela facilite la reprise après la plantation.

Vous lirez partout, qu’il faut creuser un sillon de 15 cm de profondeur, pour avoir des futs bien blancs et droits. C’est là où ma méthode diffère. Je la tiens d’un vieux jardinier catalan, qui me l’a enseignée, il y a plus de trente ans, à Perpignan. Il faut en effet savoir que la récolte des poireaux pour la consommation se fait en hiver, quand la terre est lourde, collante, et souvent gelée. Creuser à 20 centimètre pour extraire des poireaux entier relève alors de l’exploit. C’est pourquoi depuis 30 ans, je cultive des poireaux bien blancs, faciles à arracher, même quand le sol est gelé, mais dont le fut est tordu, ce qui ne gène en rien leur consommation du moment qu’on ne cherche pas à les vendre.

Je fais donc un sillon peu profond, mais large de 15 à 20 centimètres et je dispose mes poireaux, couchés, racines au sud, feuilles vers le nord.

Plants de poireau au moment de la transplantation

Puis je recouvre de 2 à 3 centimètres de terre. Pour favoriser la diversité végétale, je ne fais plus de longs sillons, mais je plante les poireaux par petites lignes de 5 à 10 plants, espacées d’au moins un mètre entre chaque lignes.  Je sème aussitôt des carottes (sauf si je viens de repiquer à leur proximité), et de l’aneth.

Les carottes et oignons cultivés entre les rangs de poireaux éloignent la teigne du poireau. Le poireau, grâce à son odeur très prononcée, repousse la mouche de la carotte. L’aneth, elle, pas son odeur forte, déroute les insectes prédateurs. De plus, des poireaux dispersés sont ainsi moins vulnérables.

Une fois la culture mise en place, il est préférable de pailler (avec paille, foin, feuilles ou paillis de lin) pour conserver le sol frais et éloigner ainsi les prédateurs qui préfèrent des poireaux plus secs. Il est bon de déposer, de si de là, à proximité, des gourmands de tomates coupés, ou des feuilles quand vous éclaircissez, elles feront profiter les plantations de leur vertus insectifuges.

Légumes à cultiver à proximité du poireau : les carotte, le céleri, le fraisier, l’oignon, la tomate, la laitue, la mâche ou encore l’asperge. Au fur et à mesure de l’avancée de la saison, ces légumes viendront remplir les vides entre les lignes de poireaux qui constituent, ainsi, la trame d’une parcelle de culture automne-hiver.

Poireaux en juin 2016

Associations de plantes qu’il est préférable d’éviter :
Haricots, pois (Fabacées) freinent le développement du poireau.
Bettes et betteraves (Chénopodiacées) ne seront pas associées à une culture de poireaux. Tout comme les poireaux, ce sont des plantes exigeantes.
La pomme de terre (Solanacées) nuit à l’oignon commun, sa présence freine son grossissement…

Variétés de poireaux
‘De Carentan’ : variété très rustique, supporte des conditions extrêmes hivernales. Elle est lente à monter à graines au printemps. Son fût court, entre 20 et 25 cm de longueur, présente un diamètre de 4 à 6 cm.
‘Bleu de Solaise’ : variété mi-tardive, est adaptée aux récoltes d’hiver, elle se montre particulièrement résistante au froid. Un large feuillage vert bleuté prolonge un fût court de 20 à 25 cm de longueur.
‘Saint Victor’ : fûts gros et longs, présente un feuillage dressé, de couleur bleu-violet. Cette variété est particulièrement résistante au froid. Elle se développe encore en cours d’hiver et au début de printemps. Originaire de France, cette ancienne variété est issue de ‘Bleu de Solaise’.
‘De Liège’ : une variété idéale pour l’hivernage en pleine terre : sa récolte court de novembre à février. Feuillage vert-bleu sombre, fût blanc de grande longueur et gros diamètre caractérisent ce poireau.
‘Monstrueux d’Elbeuf’ : fûts très gros et assez courts, est une variété d’été, précoce et productive, qui résiste bien à la chaleur.
‘Gros long d’été’ :  variété précoce au développement rapide et qui présente aussi une bonne résistance à la chaleur. Les fûts longs et gros se récoltent de juin-juillet jusqu’aux premières gelées.
‘Électra’ : variété à petit fût (15 cm) et à feuillage vert bleuté, se récolte à partir de juillet.
‘Gros jaune du Poitou’ : variété peu rustique, grossit vite et est précoce. Les fûts longs de 20 à 25 cm offrent un diamètre de 4 à 6 cm ainsi qu’un feuillage en éventail vert-blond.
– Pour les récoltes d’été et d’automne, voici trois variétés à récolter avant les grands froids :
‘Carlton’ : poireau au feuillage vert clair;
‘Gros long d’été 2’ : un poireau précoce à ne pas trop laisser grossir;
‘Jaune gros du Poitou’ : un légume très précoce au feuillage vert blond.
– Pour les récoltes hivernales, les variétés doivent supporter le froid comme  :
‘Monstrueux de Carentan 2’ : poireau au fût court et large
‘Bleu de Solaise’ : poireau au fût moyen et au feuillage bleuté
‘Bleu d’hiver’ : poireau au fût long et gros, qui présente une bonne résistance aux maladies.

Les ravageurs et maladies du poireau :
Le ver du poireau (teigne) : la larve  est une petite chenille blanche-jaunâtre ou verdâtre avec des points noirs et des bandes claires. L’adulte est un papillon  aux ailes brunes tachetées de blanc et mesurant 15 à 20 mm. La larve cause des dégâts considérables en creusant des galeries à l’intérieur du fût. L’association du poireau avec la carotte est bien connue des jardiniers bio. A juste titre, car l’odeur de la carotte éloigne la teigne. Le céleri est semble t’il également efficace. Le séchage préalable des plants, en atténuant l’odeur attractive du poireau, est également une bonne solution.
Le poireau et la carotte, cultivés en voisinage, se protègent mutuellement de leurs ravageurs respectifs, il n’est pas inutile de le répéter !
La mineuse du poireau : La larve de la mineuse est un petit asticot jaune pâle d’environ 6mm de long. L’adulte est une petite mouche à l’abdomen jaune. Ce ravageur, apparu en France vers 2005, commence à causer de sérieux dégâts dans de nombreuses régions. On peut observer des tâches alignées et jaunâtres sur les plants atteints. Les feuilles externes sont abîmées et la plante s’affaisse. En appliquant les techniques décrites ci-dessus pour la teigne, je n’ai jamais eu ce problème, contrairement à certains voisins… j’ignore à ce jour si cela est lié aux précautions prises. On conseille de couper et de mettre les poireaux atteints au congélateur.
Une autre technique efficace contre ces ravageurs consiste à place un filet anti-insecte sur la parcelle de poireaux.
Les pucerons : les feuilles de recroqueville sur elles-mêmes
Le mildiou : Des tâches jaune puis brunes se forment sur les feuilles
L’oïdium : Un feutre blanc se forme sur les feuilles

Production et récolte des graines.

Les poireaux destinés à la production de semences sont plantés à part, en sol bien drainé, mais restant frais en été. Le poireau fleurit en juin, et les graines sont mûres entre fin juillet et le mois d’août. C’est donc une culture très, très longue, puisqu’il se sera écouté 18 mois entre le semis et la récolte des semences. Les plants destinés à la reproduction sont plantés par groupes de 3 à 5 plants, disposés en étoiles et correctement étiquetés et répertoriés. Des variétés différentes devront être suffisamment éloignées pour qu’il n’y ait aucun risque d’hybridation.

 Fécondation naturelle d'une fleur de poireau

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